olivier chavaz
CONSTITUANTE - Une proposition collective a été déposée hier par onze associations.
L'image est saisissante. Sans aide, Marc Glaisen, en fauteuil roulant, ne peut accéder à la salle: «Ajouté à l'énergie supplémentaire qu'il faut fournir chaque jour, ce genre de petits inconvénients peut prendre de grandes proportions.» Avec les membres de la Fédération genevoise des personnes handicapées et de leurs proches (FéGAPH), il était attendu hier par la coprésidence de l'Assemblée constituante pour le dépôt d'une proposition collective réclamant davantage d'égalité et de lutte contre les discriminations dans la future charte fondamentale. Précision: le lieu de rendez-vous, une salle au rez de l'Hôtel-de-Ville, avait pourtant été choisi tout exprès...
Rires polis et plaisanteries parmi l'assistance. «C'est la preuve par l'acte des difficultés que vous rencontrez», rebondit Marguerite Contat-Hickel, coprésidente verte. Car les locaux de la Constituante, situés juste en face avec d'autres services de l'Etat, ne sont pas plus accessibles aux citoyens à mobilité réduite. Peu avant, Cyril Mizrahi, président de la FéGAPH et constituant socialiste, a détaillé les premiers obstacles: des marches, encore, et un ascenseur dont la porte est bien trop étroite. Puis la visite s'est terminée face aux trois étages d'escaliers qui mènent à la tribune du public du Grand Conseil. «Le dossier traîne dans les tiroirs du Département des constructions. Cela illustre la nécessité de mesures plus fortes», soupire Cyril Mizrahi.
Munie de plus de 800 signatures, la proposition de la FéGAPH demande à ce titre que l'accès soit réellement garanti, dans les bâtiments publics mais aussi dans d'autres lieux accueillant du public. Les associations entendent également attirer l'attention des élus sur l'accès à la formation, à l'emploi et la reconnaissance officielle de la langue des signes. Il s'agirait là de renforcer des principes existant dans la législation fédérale.
Concernant l'emploi, les collectivités publiques devraient pouvoir agir sur l'embauche et le maintien au travail en prévoyant entre autres un système d'incitations et de compensations financières, revendiquent les personnes handicapées et leurs proches. Enfin, la FéGAPH réclame l'instauration d'une allocation pour les frais découlant des besoins d'assistance. Le but étant d'éviter à ceux qui le peuvent la vie en institution en rétribuant un assistant personnel. «Actuellement, cette possibilité de maintien à domicile est réservée aux riches», précise Cyril Mizrahi. OLIVIER CHAVAZ