OLIVIER CHAVAZ
CONSEIL D'ÉTAT - Aménagement, agglo, environnement et mobilité s'éparpillent dans quatre départements. Inquiétude du vert Christian Bavarel.
Pour les Verts, la nouvelle répartition des départements au sein du Conseil d'Etat constitue une double claque. D'abord parce que la néophyte Michèle Künzler a clairement été ostracisée, en se voyant retirer nombre de dossiers que son prédécesseur Robert Cramer maîtrisait. Ensuite parce que les politiques de développement durable pourraient bien pâtir de cette valse des services peu cohérente. «J'ai de gros doutes sur ce qui sous-tend cette réorganisation. Parler de 'stabilité', c'est se moquer du monde. La majorité aurait dû expliquer les raisons de ces changements», indique Christian Bavarel, chef du groupe vert au Grand Conseil.
Dès lundi, pas moins de quatre départements détiendront des compétences intimement liées au développement durable, contre deux auparavant. A la tête du DIM (intérieur et mobilité), Michèle Künzler ne conserve que la mobilité, l'agriculture, l'eau et la protection de la nature. Car la direction générale de l'environnement – énergie, protection de l'air, contre le bruit, pollution des sols, etc. – échoit à la libérale Isabel Rochat, cheffe du DSPE (sécurité, police et environnement).
L'aménagement, lui, revient au DCTI (constructions et technologies de l'information) de son collègue Mark Muller. Enfin, le projet d'agglomération est piloté par le démocrate-chrétien Pierre-François Unger, titulaire du DARES (affaires régionales, économie et santé).
Le député Christian Bavarel voit deux problèmes principaux. «On ne comprend vraiment pas pourquoi l'agglo est séparée de l'aménagement du territoire. Cela donne une impression de flottement, juge-t-il. Quant à la direction générale de l'environnement, qui est un domaine d'ingénieurs, elle n'a rien à faire dans un département de juristes. La synergie n'est pas bonne!»
A entendre Christian Bavarel, ce redécoupage pourrait avoir des conséquences politiques à plus long terme. «S'il se fait au détriment de l'avenir de la planète, nous n'avons aucun intérêt à soutenir la politique du Conseil d'Etat. Et je rappelle qu'au parlement, l'Entente ne détient pas seule la majorité», avertit le chef de groupe. Selon lui, des signaux inquiétants se sont déjà allumés. «Lors de l'élaboration du budget 2010, les libéraux ont attaqué la dotation des services de la nature et de la mobilité.»
Injoignables hier, les associations Patrimoine Suisse, Transports et environnement, Pro Natura et WWF, à l'origine d'un appel au gouvernement, n'ont de toute évidence pas été entendues. Taperont-elles du poing sur table? I