ELSA ANGHINOLFI
PETITE ENFANCE - Les socialistes et les Verts vont lancer une initiative afin de faire de l'accueil de jour des enfants en âge préscolaire un principe constitutionnel.
«Il faut tirer un trait sur l'immobilisme des collectivités publiques!» A en croire Mathilde Captyn, députée verte au Grand Conseil, la planification des besoins d'accueil de jour pour les enfants en âge préscolaire laisse à désirer. Sur l'ensemble du canton, la moitié des demandes de places en crèche, en garderie ou pour des parents de jour ne serait pas satisfaite. Histoire de faire bouger les choses, le Parti socialiste et les Verts projettent de lancer une initiative cantonale ambitieuse. Elle devrait permettre d'inscrire dans la Constitution genevoise le droit pour chaque enfant en âge préscolaire d'accéder à une place d'accueil de jour.
Dans le domaine de la petite enfance, le plus grand flou semble régner. Il existe bien une loi, votée en 2003 par le Grand Conseil, mais selon les Verts elle serait mal appliquée. «Les collectivités publiques ne se sentent pas toujours dans l'obligation d'agir», déplore Mme Captyn. En effet, si la Ville de Genève fait figure de bon élève, ce n'est pas le cas de toutes les municipalités. Et au niveau cantonal, le débat serait au point mort.
Le texte de l'initiative vise donc à créer une obligation à charge des autorités. Celles-ci devront mettre à disposition de la population les structures adéquates pour la prise en charge des jeunes enfants. Ainsi «on reconnaît le droit des parents» à bénéficier d'une place en crèche ou d'une maman de jour pour leurs enfants, s'enthousiasme Carole-Anne Kast, conseillère administrative socialiste de la commune d'Onex.
Les rôles respectifs du canton et des communes seront aussi clarifiés et inscrits dans la Constitution. Les municipalités, à qui revient déjà la majorité des compétences en matière de petite enfance, seront chargées d'évaluer les besoins et d'y répondre, comme c'est déjà le cas. L'important c'est que le travail soit fait, précise Mme Captyn. Canton ou communes, c'est en substance égal.
Avis que ne partage pas le socialiste Manuel Tornare, chef du Département de la cohésion sociale, de la jeunesse et des sports à la Ville de Genève. «Je souhaiterais une autre attitude de la part du Grand Conseil et du Conseil d'Etat, qui ne se limite pas à des paroles et des ordres donnés aux communes», précise le maire de Genève. Il est vrai que le canton peine à délier les cordons de sa bourse.
L'initiative devrait être officiellement lancée le 19 février prochain. Il restera alors aux socialistes et aux Verts quatre mois pour récolter les 10 000 signatures nécessaires à son aboutissement. Devant l'ampleur de la tâche, les deux partis vont tenter de trouver un appui auprès d'autres partis, associations ou syndicats.
ELSA ANGHINOLFI