Immeuble de cauchemar
La vie de tous les jours alimente le cauchemar, dans ce roman de feu Roland Topor (1938-1997): Le Locataire chimérique a pour sujet ce qui arrive à un nouveau locataire discret que ses voisins prennent en grippe sans motif apparent. Cette description d’un piège dont les mâchoires se referment inexorablement sur un homme et le conduisent à sa perte invite le lecteur à une vision noire, effrayante, du monde et de l’humain.
Quelque part, dans une ville qui pourrait être Genève, Paris ou n’importe quelle agglomération, le nommé Trelkovsky perd pied. Il emménage et les ennuis commencent: on cogne à sa porte, des rideaux s’écartent, des injures volent derrière les murs. Rien ne file droit et le moindre bruit domestique déclenche l’hystérie. Une seule certitude pour cet infortuné résidant: l’ancienne locataire a tenté de mettre fin à ses jours en se jetant par la fenêtre.
Dans ce roman, adapté au cinéma par Roman Polanski sous le titre Le Locataire en 1976, l’artiste et écrivain français atypique dépeint avec habileté et cruauté un monde étouffant, où le grotesque côtoie le drame.




