Samedi, 18 mai 2013

Expulsion de locataires: la Chambre immobilière visée

MARDI 31 JANVIER 2012
Cachés par des nez rouges, les membres du collectif Droit au logement ont mené une action dans les locaux de la CGI hier après-midi.
JPDS

LOGEMENT • Le collectif Droit au logement a simulé hier après-midi l’exécution d’un mandat d’expulsion dans les locaux de la Chambre genevoise immobilière.

Ils ont à nouveau frappé. Un petit groupe composé d’une dizaine de personnes a envahi hier peu après 14 heures la succursale de la Chambre genevoise immobilière (CGI), 12 rue de Chantepoulet. L’objectif? Simuler l’exécution d’un mandat d’expulsion décrété par le collectif Droit au logement Genève à l’encontre de l’association des propriétaires genevois.
Les activistes dénoncent les expulsions de locataires et les loyers abusifs. «Comme le stipule la Constitution cantonale, les habitants de Genève ont droit à un logement. Et ils ont aussi besoin de lieux où mener des activités culturelles et sociales. La situation actuelle ne le permet pas», indique, peu avant le début de l’opération coup de poing, Jérôme*, membre du collectif. Dénonçant l’immobilisme des autorités, ce dernier ajoute: «Il y a des responsables qui se cachent derrière le marché de l’immobilier. Les propriétaires privés commettent des abus et nous allons les désigner.»

Quatre à six locataires expulsés par jour
Résultat: en moins de trois minutes et devant les yeux médusés des employés, deux sièges, une table et un présentoir se retrouvent sur le pavé. Une rapidité d’exécution qui fait écho à la réalité des faits, où les personnes expulsées n’ont que très peu de temps pour rassembler leurs affaires, comme l’avait montré un reportage de Temps Présent diffusé en avril 2011. Des affiches sont aussi placardées sur les vitres de l’enseigne. «Le logement est un droit, pas un privilège», peut-on notamment lire.
«C’était déjà arrivé il y a deux ans», déplore Christophe Aumeunier, secrétaire général de la CGI. Celui qui est aussi élu libéral au Grand Conseil poursuit: «Je respecte le choix d’idées, mais il faut faire passer ces messages dans le cadre de la loi.»
Selon Droit du logement, quatre à six locataires sont quotidiennement expulsés de leurs appartements. Une statistique que récuse Christophe Aumeunier. «Le nombre d’évacuations exécutées à Genève en 2011 est de moins de cent cinquante», affirme-t-il, en s’appuyant sur les données de l’Office du logement.
Le collectif, anciennement connu sous le nom de l’Assemblée des mal logés, n’en est pas à son coup d’essai. En novembre dernier, ses membres s’étaient invités lors d’une visite d’un quatre pièces et demi à 6200 francs, situé rue de Lausanne. Ils y avaient organisé une pendaison de crémaillère. 

*Prénom fictif.

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