Mercredi, 19 juin 2013

COPACABANA: VISITE AU COEUR DE LA RELIGION POPULAIRE

SAMEDI 01 SEPTEMBRE 2007

Le trafic est dense. Parti à l'aube de La Paz, notre car dépasse marcheurs et cyclistes en route depuis déjà plusieurs jours. Nous sommes soudain arrêtés par une longue file de voitures. Il faut attendre le bateau qui nous permettra de traverser l'un des bras du lac Titicaca pour rejoindre la petite ville de Copacabana. Le but est de se présenter là-bas, dans la basilique, en ce vendredi saint. On vient de partout, en Bolivie et au Pérou, pour vénérer la vierge de Copacabana.
Ce pèlerinage est un symbole de la complexité et surtout de la richesse de la religiosité populaire andine. Copacabana était en effet l'un des principaux centres religieux de l'empire Inca, et donnait déjà lieu alors à un important pèlerinage. «Ce que l'on voit aujourd'hui est une continuation de ce qui s'est toujours fait, avec un changement: il ne s'agit plus de la huaca (lieu saint andin) mais de la Vierge. En observant la foi chrétienne, on découvre la présence d'une spiritualité andine», affirme Abraham Colque.
La place de la mère de Jésus, en particulier, est essentielle. Dans la vision du monde indigène, le masculin et le féminin forment un tout, le cosmos fonctionne selon le principe de complémentarité. La Trinité chrétienne, avec ses trois éléments masculins, ne peut donc fonctionner comme telle. Marie y trouve donc naturellement sa place, comme la part féminine du visage de Dieu. Jésus Christ a aussi un autre complément féminin dans la Pachamama, la terre mère.
Nous arrivons comme des pèlerins dans la majestueuse basilique blanche de Copacabana. Devant le choeur, la statue de la Vierge aux vertus miraculeuses, dans son long manteau conique, ressemble à une montagne. Et, à ses côtés, se trouve le Christ en croix. Selon la tradition populaire, il expire à six heures. A la nuit tombée, il est descendu de la croix et porté en procession dans son cercueil. Les costumes, capes et chapeaux pointus, viennent tout droit d'Espagne et font penser à cette religiosité populaire catholique qui fait encore le folklore ibérique.
Quelques pâtés de maisons plus loin commence un chemin de croix. Il permet de monter sur l'une des collines qui surplombent la ville; à 4000 mètres d'altitude, l'ascension est rude. Des prêtres andins y ont posé leurs tables. Elles contiennent le nécessaire aux rituels indigènes. Divinations et guérisons se pratiquent ainsi entre les stations du calvaire.
Au sommet, la tradition veut que l'on puisse acheter en miniature ce que l'on aimerait posséder. Sur les étales se déploient toutes sortes de modèles réduits: maisons, magasins, voitures, liasses de billets mais aussi valises ou diplômes universitaires et même des visas pour les Etats-Unis. SSL

En lien avec cet article: 

Les Andes résistent au christianisme importé d'Europe

L'endroit doit être bien choisi. Dans l'idéal, il faut qu'il surplombe le paysage, au bord d'une falaise ou au sommet d'une colline. Avec une offrande d'alcool pur, l'autorisation de pratiquer le rite est demandée à la nature. Un tissu est ensuite étalé sur l'herbe, les participants se groupent autour, les femmes d'un côté, les hommes de l'autre. Puis commence la confection de ce qui va être sacrifié. ...
Vous devez être loggé pour poster des commentaires