Anne Emery-Torracinta lance sa campagne
- Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires

Elle est en congé sans solde depuis lundi dernier. Et ce jusqu’au 17 juin. Anne Emery-Torracinta a officiellement donné le coup d’envoi de sa campagne pour ravir le siège laissé vacant par Mark Muller, conseiller d’Etat démissionnaire.
«Le changement, c’est aujourd’hui»; «le changement, c’est le 17 juin»; «le changement, cela fait plusieurs années que nous y travaillons». Romain de Sainte Marie, nouveau président du Parti socialiste genevois, arrange à sa manière le slogan de la campagne de François Hollande pour inscrire le basculement de majorité espéré lors du scrutin du 17 juin – si le PS gagne, le Conseil d’Etat passe à gauche – dans une perspective plus large. A savoir la conquête d’une majorité de gauche lors des élections cantonales de 2013.
La campagne sera déclinée selon deux axes: le logement et l’emploi. «Ce sont les priorités de Genevois», relève Mme Emery-Torracinta. Et aussi parce que ce sont ces deux départements qui sont potentiellement au cœur de la campagne. Celui laissé vacant par Mark Muller, et celui que libérerait François Longchamp en cas de rocade interne au sein du Conseil d’Etat. De fait, l’actuel magistrat en charge de la solidarité et de l’emploi est d’ores et déjà ministre suppléant du DCTI durant l’intérim qui durera jusqu’en juin.
En l’occurrence, hier, plusieurs pistes ont été évoquées pour résoudre la crise du logement lancinante qui fragilise l’existence des Genevois. Le canton devrait faire valoir son droit de préemption en cas de déclassement de terrains, estime ainsi la candidate socialiste. «Cela permettrait ensuite de mettre ces surfaces à disposition de coopératives ou de fondations plutôt que de les abandonner aux promoteurs.» Car pour elle, la démission de Mark Muller ne s’explique pas seulement pas l’affaire dite du Moulin à Danse mais bien par la perte de confiance dans une méthode et dans sa trop forte proximité avec les milieux immobiliers.
Mme Emery-Torracinta estime aussi qu’une majorité de gauche permettrait de faire évoluer la politique du Conseil d’Etat en matière d’autorisations de projets immobiliers: «Actuellement, on tolère des plans financiers garantissant des rendements de 7%; or selon la loi, on devrait être plus proche de 3,5%.»
Côté emploi, le PS plaide pour une plus grande interaction avec les communes, l’utilisation de l’outil fiscal pour les entreprises qui font des efforts en matière de formation ou d’embauche de personnes âgées de plus de 50 ans. «Et pour des mesures à même d’éviter la sous-enchère salariale. L’Etat devrait ainsi éviter de sous-traiter certaines fonctions comme le nettoyage à des entreprises qui assurent des salaires certes légaux mais qui ne permettent pas de vivre et qu’il faut ensuite compléter par des allocations familiales complémentaires pour les plus chanceux de ces personnes.» I





