A force de perdre, l’UDC réfléchit à modifier les règles du jeu
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TENTATION • Le premier parti de Suisse n’est plus représenté dans les gouvernements romands. Et rêve d’une élection à la proportionnelle.
L’UDC n’y arrive décidément pas. Dimanche, son candidat Claude-Alain Voiblet a échoué aux portes du Conseil d’Etat vaudois. Il ne récupérera donc pas le siège au gouvernement de feu Jean-Claude Mermoud. Cet échec fait suite à celui essuyé en novembre dernier à Fribourg par Pierre-André Page. Résultat, l’UDC demeurera absente des exécutifs cantonaux romands, quand bien même elle a progressé dans les législatifs, tant à Fribourg (+3 sièges) qu’à Lausanne (+1).
«Nous butons sur la volonté des autres partis de conserver leur pré carré», analyse Claude-Alain Voiblet, candidat malheureux dimanche et par ailleurs coordinateur romand de l’UDC. Qui s’empresse d’ajouter que dans le canton de Vaud, le Parti libéral-radical a parfaitement joué le jeu de l’alliance. L’état-major, du moins. Car la base, elle, n’a manifestement pas suivi.
Or, «dans une élection majoritaire, nous ne pouvons pas faire élire un candidat tous seuls!», résume Jean-François Rime «Nous aimerions bien sûr siéger dans les exécutifs et y partager les responsabilités. Mais si les autres partis sont assez bêtes pour nous ignorer et contribuer à faire élire la gauche, tant pis pour eux.» Ainsi, pour l’élection complémentaire au Conseil d’Etat genevois du 17 juin prochain, l’UDC, faute d’avoir pu imposer ses conditions au PLR, a décidé de faire alliance avec le Mouvement Citoyens genevois.
En manque de relève
Quand elle n’est pas privée d’alliés, l’UDC manque de figures de proue. Dans le canton de Vaud, Guy Parmelin semblait taillé pour revêtir le costume de conseiller d’Etat. Mais il a fait défection, obligeant son parti à lancer Claude-Alain Voiblet, identifié comme le bélier blochérien. C’est le signe d’un manque patent de relève. Pour le combler, Yvan Perrin suggère à l’UDC de s’inspirer de l’exemple socialiste. Le PS a en effet su détecter selon lui des personnalités compatibles pour les exécutifs tout en faisant monter en parallèle une jeune garde très profilée.
Pas question par contre pour Yvan Perrin d’adopter un profil plus consensuel dans l’espoir de décrocher un maroquin. «Je ne suis pas doué pour les rôles de composition. Si nous mettions de l’eau dans notre vin, nous reculerions dans les élections dans les parlements sans pour autant progresser dans les gouvernements. Résultat, nous encaisserions deux défaites pour le prix d’une.» «En plus, cela laisserait de la place sur notre droite», ajoute Claude-Alain Voiblet. «Rien ne sert de renier notre politique. L’électeur n’est pas dupe.»
Changer les règles
Pour percer dans les gouvernements, reste une dernière option: changer le mode d’élection et passer du système majoritaire à la proportionnelle. A Fribourg, l’UDC évoquait le lancement d’une initiative cantonale dans ce sens après sa défaite de novembre. Elle attend l’installation de sa nouvelle équipe dirigeante pour passer de la parole aux actes, indique Jean-François Rime. «Ce ne serait pas trop compliqué de réunir les 6000 signatures nécessaires. Mais gagner en votation serait une autre affaire.»
Claude-Alain Voiblet abonde, en précisant que le lancement simultané d’initiatives cantonales a déjà été discuté plusieurs fois au sein des instances dirigeantes ces dernières années. Et à son avis, le sujet ne manquera pas de revenir sur la table. Mais il ne se fait pas d’illusions sur les chances d’une telle révolution. D’ailleurs, à Neuchâtel, l’UDC n’a pas réussi à réunir les signatures nécessaires en faveur de son initiative cantonale pour l’élection à la proportionnelle. L’UDC remettra peut-être l’ouvrage sur le métier l’an prochain, si Yvan Perrin échoue dans sa conquête du Château. Et si, toujours en 2013, Oskar Freysinger rate son élection en Valais, la perspective d’une offensive concertée partout en Suisse romande gagnera en consistance.






