Droits civiques balbutiants
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De la théorie à la pratique, le fossé est grand en matière de droits civiques. En Suisse, ceux accordés aux étrangers sont rares, même si la situation a beaucoup évolué puisque les cantons et les communes leur accordent de plus en plus le droit de vote, voire même le droit d’éligibilité. De leur côté, les étrangers s’intéressent davantage à la chose publique.
Pourtant, le chemin vers la représentation politique de cette frange de la population sera encore long. A Neuchâtel, comme le montre notre dossier, la concrétisation du droit d’éligibilité au niveau communal reste très timide.
D’abord, parce que les mentalités n’ont pas suivi l’évolution législative, introduite en 2007. Dans les faits, les Neuchâtelois ne sont en majorité pas encore prêts à être représentés par des étrangers – et quand ils le sont, leurs exigences à leur égard sont beaucoup plus élevées.
La responsabilité des partis est également grande. De manière générale, la droite met les pieds au mur. Elle est globalement réticente à mettre en place des politiques spécifiques pour recruter et propulser des candidats issus de la migration. A Genève, elle a lamentablement éjecté l’éligibilité communale du projet de Constitution. Espérons que les jeunes générations, à l’instar d’un Pierre Maudet qui était partie prenante de la campagne «J’y vis, J’y vote», sauront et voudront faire évoluer leur camp.
Mais, à gauche aussi, quand une certaine promotion des candidatures d’étrangers existe, celle-ci se réduit trop souvent à remplir à la va-vite les listes électorales de noms exotiques. Soit par manque de préparation, soit dans le but plus ou moins avoué d’attirer le vote des communautés étrangères. Un véritable effort et une profonde réflexion doivent être menés au sein des partis.
Elargir les droits civiques des étrangers est un pari sur l’avenir, une façon d’enrichir la collectivité de leur engagement. Cela répond surtout à la nécessité d’étendre le périmètre démocratique.
Il n’y a pas si longtemps, les femmes étaient jugées trop cruches pour voter, et encore plus pour gouverner ou faire les lois. Théoriquement, ce n’est heureusement plus le cas. Mais au Conseil national, la proportion féminine n’est que de 28,5%…





