Mercredi, 22 mai 2013

Le projet d’agglo prend le large sur les eaux transfrontalières

VENDREDI 29 JUIN 2012

RÉGION • Au milieu du lac, Genevois, Vaudois et Français ont signé le projet d’agglomération 2012, qui prévoit jusqu’à 1,4 milliard d’investissements.

Le symbole a été parfaitement choisi. C’est au beau milieu du lac Léman, au carrefour des territoires genevois, vaudois et français, que les représentants du projet d’agglomération 2012 – fraîchement rebaptisée Grand Genève – ont signé la charte qui en fixe les lignes directrices. Les autorités des trois régions étaient abondamment représentées à bord du Lausanne, qui a emmené tout ce beau monde de Genève à Nyon en passant par Yvoire.
Après la version de 2007, ce second volume prolonge, corrige et affine les grands objectifs du projet d’agglo, avec le même cap en tête: Genève devra accueillir la moitié des 200 000 nouveaux habitants prévus à l’horizon 2030, l’autre moitié étant répartie entre la France (Ain et Haute-Savoie) et le district de Nyon. Première étape: 50 000 logements devront être construits d’ici à dix ans. Le document table également sur la création de 100 000 emplois, dont 30% sur territoire français.

Cofinancement de Berne
Pour l’instant, Genève peine à tenir ses promesses, ce qui lui vaut bien des critiques de ses voisins français. «Mais les déséquilibres de notre région ne sont plus à démontrer et le logement à Genève est un enjeu politique que personne ne peut plus ignorer», tempère Bernard Gaud, de l’Arc Syndicat Mixte. Il copréside le projet d’agglo, pour la France, aux côtés de Béatrice Métraux, conseillère d’Etat vaudoise, et de François Longchamp, son homologue genevois.
Au-delà des principes, la charte liste une multitude de projets d’infrastructures, en bonne partie liés à la mobilité (trams, parkings-relais...), pour un montant total de 1,4 milliard de francs. Sur cette somme, 949 millions font l’objet d’une demande de cofinancement auprès de la Confédération – le projet doit être déposé à Berne aujourd’hui. Dans la liste figurent notamment le prolongement du tram jusqu’à Annemasse et Saint-Genis, la création d’une ligne vers Saint-Julien et des aménagements complémentaires au CEVA.

Un accord à 240 millions
Autre nouveauté, la nouvelle mouture du document développe un volet «politique de services», avec par exemple l’ambition de réaliser un institut commun de formation sanitaire et sociale pour le personnel de santé. De même, elle institue une nouvelle structure de gouvernance, le Groupement local de coopération transfrontalière (GLCT), qui remplacera dès 2013 l’actuel comité de pilotage. Les statuts de ce nouvel organe juridique ont été adoptés hier.
Enfin, un troisième accord a été conclu, cette fois entre Genevois et Français uniquement. Le canton de Genève s’y engage à cofinancer certaines infrastructures en France voisine, à hauteur de 240 millions de francs maximum sur dix ans. L’aval du Grand Conseil sera toutefois nécessaire, au cas par cas. «Il s’agit essentiellement d’équipements en matière de transports qui s’avèrent utiles aux déplacements transfrontaliers», précise François Longchamp. I

Vous devez être loggé pour poster des commentaires