Rixe durant la fête de la musique: l'extrême droite pointée
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ANTIRACISME • Vendredi, une personne a été poignardée. L’agresseur serait membre du groupe Artam Brotherhood. Une manifestation est prévue samedi.
Vendredi, lors de la Fête de la musique, une personne a été poignardée aux Bastions. Alors que l’affaire était initialement présentée par la police comme un fait divers, il s’avère que l’agression a un contenu politique et s’inscrit dans une montée de l’extrême droite à Genève1. Une manifestation de protestation aura lieu samed i2.
L’affaire s’est déroulée dans la nuit de vendredi à samedi entre minuit et 1h du matin. La victime, Robin, est une personne relativement connue sur la scène alternative et libertaire genevoise. Son père, Toulouse, relève «que le pronostic vital a été engagé». La vie de son fils était en danger, un intestin ayant été perforé. Il est désormais hors de danger et devait sortir hier de l’hôpital.
Selon Toulouse, l’agresseur aurait été identifié. Il se situerait dans la mouvance d’extrême droite. Le groupe Artam Brotherhood Genève. «Ils sont venus à cinq, quatre hommes et une femme avec un bouledogue dans un concert punk», relève l’une des personnes a la base du rassemblement. «Cela traduit un sentiment d’impunité de ces réseaux qui nous inquiètent.»
Et de lister les éléments permettant de parler de montée en puissance: agressions de minorités dans les trams ou les bus – avec coupe d’une dreadlook –, punks molestés – le dernier événement en date étant le coup de couteau de vendredi –, possible incendie d’un magasin proche des milieux antifa ou encore cas des milices antibonneteau. Dans ce dernier cas, la droite populiste s’est mêlée à ces milieux clairement d’extrême droite, relève Toulouse.
A Genève, cette dernière sort de l’ombre. Et elle tisse de plus en plus de liens avec des groupes extrémistes français et italiens. La venue en février de l’essayiste Alain Soral, de Serge Ayoub, figure connue du mouvement skin français, ou encore de Dominique Baettig, ex-conseiller national udéciste qui a frayé avec le mouvement identitaire français, ont lieu dans des cadres quasi officiels. Dans le cas d’Alain Soral, c’est le Crowne Plaza qui a accueilli cette conférence organisée par le mouvement Genève non conforme. Une rencontre qui a tout de même vu 300 personnes faire le déplacement et débourser les 10 francs exigés pour l’entrée. D’ailleurs, Genève non conforme annonce pour demain une nouvelle rencontre dans un lieu non spécifié avec venue de militants du GUD (Groupe Union défense), une formation historique de l’extrême droite française.
Pour l’heure, la police se borne à confirmer qu’un individu – l’agresseur présumé – est recherché. Mais elle ne se prononce pas sur le caractère politique de l’agression. Quant au rassemblement de samedi, il se veut festif, coloré et musical, detiné à toutes les personnes qui refusent que Genève devienne une plaque tournante de l’extrême droite européenne.
- 1. L’affaire est largement documentée notamment sur le site http://rage.noblogs.org alimenté par les milieux antifascistes.
- 2. La manifestation – 14h plaine de Plainpalais – a été annoncée mais n’a pas fait l’objet d’une demande d’autorisation en bonne et due forme. En revanche, la diffusion du flyers se veut très large et va toucher des milieux très divers, y compris la gauche institutionnelle.





