Vendredi, 24 mai 2013

Un écrin pour valoriser ses archives

MERCREDI 20 JUIN 2012

MONTREUX JAZZ FESTIVAL

«Je ne connais rien à la technique. Et je suis bien incapable de manier un ordinateur», confesse Claude Nobs. Et pourtant, le fondateur du Montreux Jazz Festival (MJF) a perçu très tôt la nécessité de conserver précieusement les archives de son festival. Imaginez un peu: depuis 1967, des artistes aussi prestigieux qu’Aretha Franklin ou Ella Fitzgerald, en passant par Sting et Prince, se sont produits sur les bords du lac Léman.
Alors, dès 2008, le Montreux Jazz a collaboré avec l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) afin de numériser les 5000 heures d’enregistrements audio et vidéo captés pendant quelque 4000 concerts répartis sur les 45 éditions du festival (la 46e va commencer le 29 juin ­prochain).

Beaucoup de chiffres qui attestent de la dimension titanesque de ce travail. Une tâche qui touche désormais à sa fin et dont l’EPFL et le MJF ont présenté hier à la presse la première réalisation concrète.
Celle-ci prend la forme d’un module de sept mètres sur huit (et de deux mètres de haut, environ) composé de 1300 pièces de bois. C’est là, à l’intérieur de ce cocon truffé de technologies de pointe, que le visiteur pourra s’installer quelques instants afin de voir les concerts enregistrés. Les vidéos sont projetées sur un écran légèrement bombé qui garantit une immersion totale. «Cela permet de donner une nouvelle dimension à la force de la musique», se réjouit Claude Nobs.
Et, en guise de télécommande, le spectateur a devant lui une table interactive qui permet de se plonger dans presque un demi-siècle de patrimoine musical. Ce module est issu d’une collaboration entre l’EPFL et l’Ecole cantonale d'art de Lausanne (ECAL).

Malheureusement, c’est là, pour l’instant, la seule possibilité d’avoir accès à cette immense base de données. De plus, le module, qui restera pour l’heure stationné à Renens, dans les nouveaux locaux de l’ECAL, n’est pas accessible à tout un chacun. Il le sera dès fin 2013 ou début 2014 quand il sera transféré sur le campus de l’EPFL. C’est en effet là que le MJF a prévu de bâtir son prochain Montreux Jazz Café, à savoir une antenne délocalisée accueillant restaurant et concerts, comme il en existe déjà dans les aéroports de Genève, Zurich ou encore Sydney.
Pourquoi ne pas mettre ces archives sur internet? «C’est une question de droits. Le MJF possède seulement les droits pour diffuser les concerts des artistes dans les Montreux Jazz Café», explique Alexandre Delidais, responsable du centre MetaMedia de l’EPFL qui se charge du travail de numérisation.

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