Le bras de fer est engagé
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Si bataille il doit y avoir, elle débute véritablement aujourd’hui. La chimère du maintien d’une filiale genevoise de Merck Serono définitivement oubliée, employés, syndicat et autorités n’ont plus que la manière forte pour empêcher le géant allemand d’emporter avec lui tout le savoir-faire et les emplois de feu Serono.
Après deux mois de lutte, le bilan syndical peut paraître maigre. Comme prévu, Merck n’a pas bougé d’un iota, fort de la sacro-sainte «liberté» économique que lui garantit le cadre légal de ce pays. Liberté patronale s’entend, puisque les travailleurs, eux, n’ont que le droit de subir les conséquences des choix actionnariaux.
Ou de se défendre.
Unia l’a fort bien compris. Le syndicat n’a pas attendu l’échéance du 19 juin pour avancer ses pions. La montée en puissance du mouvement des employés – autour d’une exigence de négociation des postes de travail et du plan social – a permis de rassembler largement, de se familiariser avec la lutte et de définir une stratégie pro-pre. En un mot, de prendre l’initiative.
Couplée au réveil (tardif mais réel) du Conseil d’Etat, dont la Task Force a permis de renforcer les projets alternatifs des employés, la détermination des «Merck Serono» peut encore réserver des surprises. A condition de maintenir l’unité, malgré les menaces d’une direction qui annonce déjà les premières lettres de licenciement. Paradoxalement, la force des salariés du site condamné est qu’ils n’ont plus grand-chose à perdre. La difficulté consistera à marier des destins divers et à consolider une culture de lutte encore balbutiante.
De toute façon, le personnel n’a plus d’autre choix que de rendre le mouvement de protestation le plus coûteux possible pour la transnationale. De quoi lui arracher un armistice sous forme de monnaie sonnante et trébuchante. Le potentiel d’amélioration du plan social et du fonds de financement des projets des employés est important. Faut-il rappeler que Merck a dégagé l’an dernier quelque 745 millions de francs de bénéfice net? Et que le plan d’économies «Fit for 2018» du géant pharmaceutique doit lui rapporter quelque 360 millions annuels?
Le temps des discours est terminé, le bras de fer est engagé.





