A droite, la bataille est lancée pour la succession de Pierre Maudet
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VILLE DE GENÈVE • Le PLR, le PDC et l’UDC revendiquent la place libérée par le nouvel élu au Conseil d’Etat. Déjà largement majoritaire, la gauche devrait passer son tour.
Une élection partielle peut en cacher une autre. Envoyé par le peuple au Conseil d’Etat, Pierre Maudet laisse une place vacante au Conseil administratif de la Ville de Genève. Son ou sa remplaçant-e doit être désigné-e en novembre, mais la lutte pour la succession a déjà bien commencé. Elle promet en particulier de belles batailles au sein de l’Entente bourgeoise. Les deux partenaires libéraux-radicaux (PLR) et démocrates-chrétiens (PDC) lorgnent en effet le fauteuil vide, que la gauche ne devrait pas revendiquer.
Le PDC espère bien un retour d’ascenseur pour le soutien sans failles qu’il a apporté à Pierre Maudet dans la campagne. A l’inverse, le PLR, qui dispose d’une assise bien plus large en Ville, se sent légitimé à garder sa place à l’exécutif municipal. Des négociations sont en cours depuis dimanche.
Des primaires de l’Entente?
«L’objectif est de nous réunir autour d’une candidature unique», souligne Thomas Putallaz, président du PDC-Ville de Genève. Il incite toutefois le PLR à faire preuve de «sagesse», un message en signe d’avertissement. «Une collaboration passe aussi par un partage des responsabilités. Le PLR doit être attentif à donner des signaux sains pour le futur de l’Entente»,
précise-t-il.
Son homologue au PLR, Vincent Subilia, assure que «cette question sera débattue. Notre comité va devoir arbitrer entre les velléités légitimes de nos candidats et une équation arithmétique plus large.» D’ailleurs, une primaire au sein de l’Entente n’est pas exclue. Des voix se sont élevées en ce sens depuis ce week-end.
En attendant, plusieurs papables sont déjà sortis du bois. Réuni hier soir en assemblée générale, le PLR devait se pencher sur la question, et peut-être déjà choisir entre ses deux candidats déclarés, les conseillers municipaux Olivier Fiumelli et Adrien Genecand.
Le PDC tiendra, lui, son assemblée mercredi. Plusieurs personnalités du parti songent à se lancer. Ancien président de la section Ville, Alain de Kalbermatten «envisage une candidature», alors que le député Vincent Maître «y réfléchit». Le nom de Guillaume Barazzone circule aussi avec insistance. En revanche, l’ex-présidente du Conseil municipal Alexandra Rys renonce pour des raisons professionnelles.
Les rancunes du MCG
En dehors de l’Entente, une candidature de l’UDC semble également acquise, avec le soutien du MCG. C’est du moins ce que prévoit l’accord passé entre les deux formations, qui avait conduit le parti agrarien à soutenir Eric Stauffer dans la course au Conseil d’Etat. Dimanche, le président du MCG-Ville, Carlos Medeiros, a confirmé que son parti ne briguerait pas le poste.
En revanche, le nom du candidat pressenti ne fait pas l’unanimité. Le député et conseiller municipal Eric Bertinat, qui n’a jamais caché son intérêt pour le Conseil administratif, ne s’est pas fait que des amis en critiquant ouvertement la candidature d’Eric Stauffer. «J’ai fait part de quelques réticences à son encontre, mais je n’ai aucun problème avec le groupe MCG au Municipal», argue-t-il. «Une discussion franche est nécessaire. Je ne me présenterai pas si je ne suis qu’à moitié soutenu.»
A gauche, l’enjeu est moindre. Sauf une surprise, l’Alternative ne briguera pas le seul des cinq sièges qu’elle ne détient pas encore à l’exécutif municipal. «Par principe, nous sommes opposés à un gouvernement monocolore», rappelle Roberto Baranzini, président de la section Ville du Parti socialiste. «Mais la question pourrait se reposer si nous sommes confrontés à une candidature de droite particulièrement provocante.» Il précise que c’est l’assemblée générale du parti qui est souveraine pour en décider. Exprimée dimanche, la position divergente de l’élu Alberto Velasco semble plutôt isolée.
«Un otage à l’exécutif»
Les Verts penchent aussi pour laisser la voie libre à la droite. Solidarités devrait en faire de même. «Nous n’en avons pas encore discuté collectivement, mais je suis personnellement opposé à un monopole de la gauche à l’exécutif», défend son permanent, Pierre Vanek. Et de conclure avec ironie: «Nous voulons un otage de droite au Conseil administratif, si possible poli, propre et gentil!» I





