Mardi, 18 juin 2013

Sarkozy est de retour

LUNDI 18 JUIN 2012

La meilleure défense étant souvent l’attaque, Nicolas Sarkozy n’a pas attendu d’être convoqué par des magistrats pour reprendre l’initiative, comme il l’a confirmé ce week-end dans une interview.
Redevenu un justiciable comme un autre vendredi dernier à minuit – écoulé le délai d’un mois après sa sortie de charge – Nicolas Sarkozy peut désormais être convoqué à tout moment par les juges qui instruisent les trois gros scandales politico-financiers présumés dans lesquels son nom a été cité, ces dernières années. Etant entendu que ces juges sont uniquement habilités à se pencher sur les actes que l’ex-président aurait commis en dehors de son mandat présidentiel. Les éventuelles infractions qui pourraient lui être reprochées et auraient eu lieu entre le 15 mai 2007 et le 15 mai 2012 sont, elles, du ressort exclusif de la Haute Cour.

Le premier des dossiers qui pourraient valoir à Nicolas Sarkozy d’être convoqué par un juge est l’affaire Bettencourt. Du nom de la milliardaire Liliane Bettencourt, qui pourrait avoir irrégulièrement financé une partie de la campagne présidentielle sarkozyste de 2007. Ce dossier vaut à l’ex-ministre Eric Woerth (trésorier de cette campagne) d’avoir été mis en examen. Et vaut à l’ex-gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre, de dormir en prison depuis trois mois. Il est soupçonné d’avoir, en 2007, remis à Eric Woerth une partie des importants retraits d’argent qu’il a effectués en Suisse. Des membres de l’entourage de la milliardaire ont aussi décrit Nicolas Sarkozy comme un visiteur fréquent des Bettencourt, les mois ayant précédé sa campagne élyséenne.

L’intéressé a toujours démenti. Et rappelé que le financement de sa campagne avait, à l’époque, été validé par la commission de contrôle ad hoc et par le Conseil constitutionnel. Hier, son avocat a fait savoir qu’il avait transmis au juge des copies certifiées conformes de l’agenda officiel de Nicolas Sarkozy, couvrant les périodes où auraient eu lieu ses visites alléguées chez les Bettencourt. Cet agenda montrerait qu’«aucune de ces prétendues réunions secrètes n’a pu avoir lieu», hormis un seul, court et anodin «entretien de courtoisie», en février 2007. Selon cet avocat, les accusations ne seraient donc que «mauvaise foi» ou «allégations infondées», et «le temps de la calomnie est désormais terminé». Par ailleurs, Sarkozy pourrait aussi être invité par un juge à s’expliquer sur un autre possible financement délictueux de cette même campagne de 2007. Ces fonds présumés seraient venus, eux, de l’étranger: de la Libye. L’ancien président a lui-même a porté plainte dans ce dossier: pour faux et usage de faux, contre Mediapart, site internet qui a publié plusieurs documents – à l’authenticité non avérée – attestant, selon lui, de l’existence d’un tel financement occulte.

 
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