Dimanche, 19 mai 2013

Woody Allen de A à Z

DIMANCHE 17 JUIN 2012
«Woody Allen: A Documentary» de Robert B. Weide
AGORA FILMS

ÉTATS-UNIS • «WOODY ALLEN: A DOCUMENTARY» DE ROBERT B. WEIDE

Le phénomène serait aussi constant qu’universel: dès que Woody Allen ouvre la bouche, sa frêle silhouette agitée de quelques mimiques, ses yeux cernés par l’épais cadre noir de ses éternelles lunettes restant immanquablement sérieux, tout le monde est pris d’un sincère éclat de rire. Les gloussements conquis des quelques spectateurs qui ont assisté mercredi à la première diffusion fribourgeoise de Woody Allen: A Documentary semblent en tous cas confirmer la règle.

C’est dire qu’on ne s’ennuie pas, malgré une réalisation très lisse, pendant les deux heures que dure ce documentaire proposé par un fidèle admirateur du cinéaste new-yorkais. Optant pour un suivi chronologique, de l’enfance dans le Brooklyn des années 1930 au carton de Minuit à Paris l’an dernier, Robert B. Weide a rassemblé une foule de documents d’archives et de témoignages. Appliqué, il passe en revue toutes les étapes de la vie de celui qui, à même pas 20 ans, écrit déjà des blagues après l’école afin d’alimenter les sketches des grands comiques d’alors, de Bob Hope à Buddy Hackett.

Le jeune Allen Königsberg prend alors le pseudonyme de Woody Allen. C’est sous ce nom-là qu’il monte sur scène pour la première fois. Son point de chute: le Bitter End, sur Bleecker Street, une rue bientôt envahie par la foule qui se presse pour assister aux spectacles du jeune prodige. Il fait ensuite ses classes à la télévision, durant les premières années du fameux «Tonight Show» de NBC, avant de s’attaquer enfin au cinéma en 1965.

Allen rédige alors le scénario de Quoi de neuf, Pussycat?, où il se réserve un petit rôle aux côtés de Peter O’Toole et Romy Schneider. Mais Woody Allen est vite écœuré par la façon dont la production édulcore petit à petit son idée de base. Il se promet alors de ne plus refaire de cinéma à moins de pouvoir tout contrôler de bout en bout. Ce sera le cas avec Prends l’oseille et tire-toi (1969), son premier gros succès. Suivront Bananas (1971), Annie Hall (1977) ou encore Manhattan (1979), qui propulsent Woody Allen au rang de vedette mondiale libre de ses choix. Cette liberté aura pour résultat Stardust Memories, un véritable bide, mais son film le plus personnel.

Robert B. Weide raconte ces hauts et ces bas à travers moult témoignages. Devant l’objectif, on retrouve des proches du cinéaste (sa sœur), d’anciens collègues (le chef-opérateur Gordon Willis), d’éminents confrères (Martin Scorsese) ou encore les nombreuses muses d’avant (Diane Keaton, Mariel Hemingway, Mia Farrow) et d’aujourd’hui (Scarlett Johansson, Penelope Cruz). Autant de gens qui ont côtoyé le génie de près et qui en disent ici le plus grand bien. Ce qui inspire un petit regret: celui d’avoir un peu trop laissé de côté les faces les plus sombres du personnage – son exigence maniaque ou, dès 1992, sa relation très décriée avec la fille adoptive de sa compagne d’alors, Mia Farrow. Robert B. Weide se contente en somme d’une rétrospective polie. Quant à l’avenir, ce sera le retour sur les écrans de Woody Allen, début juillet, avec To Rome With Love, une comédie où Roberto Benigni donne la réplique à Penelope Cruz.

 
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