Le syndicat des étudiants craint pour l’avenir des aides sociales
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MARDI 12 JUIN 2012
GENÈVE • La CUAE pointe la réorganisation de la Commission des bourses qui sape, selon elle, la participation des étudiants dans le processus d’attribution.
Du rififi dans les affaires universitaires. Le rectorat de l’université de Genève est sur le point de réduire la participation des étudiants dans le processus d’attribution des bourses sociales, dénonce la CUAE (Conférence universitaire des associations d’étudiantEs). Une restructuration interne prévoit de réduire les prérogatives de la Commission des bourses (CB), pour laisser au Bureau universitaire d’information sociale (BUIS) les pleins pouvoirs en matière d’octroi des aides financières. La CUAE a entamé des négociations avec le rectorat pour maintenir sa voix au chapitre, mais reste inquiète. Elle pointe une gestion arbitraire de l’organe et craint pour l’avenir de ces aides sociales.
La Commission des bourses est une instance interne à l’université de Genève qui octroie des aides financières annuelles au cas par cas – jusqu’à 12 000 francs par an. Elle sont destinées aux étudiants dont la situation financière est des plus précaires et qui ne peuvent prétendre aux allocations d’études cantonales. D’après le syndicat étudiant, la commission souffre de dysfonctionnement depuis des années, notamment d’un manque récurrent de prise en compte de la parole des étudiants et des conseillers aux études. Mais lorsque cet été, un de leurs représentants s’est fait remettre à sa place pour en avoir critiqué la gestion «autoritaire», la CUAE a décidé d’interpeller le rectorat sur la question. Au risque de susciter les effets inverses que ceux escomptés: «Pour de prétendues raisons d’efficacité, le rectorat propose un projet qui enlève tous les pouvoirs décisionnels de la commission», déplore Samia Swali, une des permanentes de la CUAE.
«Cette restructuration est guidée par des considérations managériales et néglige complètement la compétence des personnes qui sont les plus à même de comprendre les particularités de la vie estudiantine», reprend-elle. Or l’intervention des étudiants dans le processus d’octroi a son importance. Auparavant, la CB avait un droit de regard sur tous les dossiers du BUIS en la matière et le pouvoir de statuer sur les cas de rigueur. «Ces décisions au cas par cas sont nécessaires», souligne la CUAE. L’application stricte de la directive d’octroi des bourses ne serait pas suffisante car les dossiers examinés couvrent des situations très diverses. «A terme, cette grande marge de manœuvre laissée au directeur du BUIS ne nous met pas à l’abri d’une diminution des montants», ajoute la permanente.
D’après le rectorat, en revanche, la quantité et le montant des bourses est en augmentation constante depuis 2010. Chargée du dossier, la vice-rectrice Margareta Baddeley était injoignable hier. Elle a toutefois fait savoir via une porte-parole que la restructuration de la CB intervient dans le cadre d’une «révision globale du rôle et de la composition de diverses structures». Elle rappelle que le rectorat s’est entretenu par deux fois avec la CUAE: «La réflexion est en cours et une proposition devrait être validée d’ici à la rentrée 2012.» I
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