Des assistants en classe pour aider des élèves avec handicap
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ÉCOLE • L’Etat forme quatorze chômeurs qui aideront dès la prochaine rentrée trente élèves à besoins spécifiques. L’expérience est saluée, mais le peu de moyens dénoncé.
Quatorze «assistants à l’intégration scolaire» épauleront une trentaine d’élèves à besoins spécifiques dès la rentrée prochaine. Ce nouveau dispositif vise à aider l’accueil dans l’école ordinaire d’enfants souffrant d’un handicap ou à besoins éducatifs particuliers. Cette expérience répond au principe d’une école inclusive fixé dans la loi.
Les assistants, en majorité des femmes, sont employés dans le cadre des emplois de solidarité (Eds) pour chômeurs de longue durée. Le dispositif est mis sur pied par le Département de l’instruction publique et par celui de la solidarité et de l’emploi. Ces personnes sont engagées par Pro Juventute, avec qui le canton collabore, et sont au bénéfice d’un contrat de durée indéterminée. Leur salaire (3725 francs par mois) est financé pour les deux tiers par le chômage et le tiers restant par les parents, qui seront ensuite remboursés par le secrétariat à la pédagogie spécialisée.
«La majorité des élèves concernés sont déjà dans l’école ordinaire mais nécessitent un soutien, détaille Marianne Frischknecht, secrétaire générale au DIP. Quelques-uns démarreront en 1e primaire dans l’école ordinaire et une minorité pourra, grâce à ces assistants, sortir partiellement des structures spécialisées.» Ces enfants sont pour certains malvoyants, malentendants ou se déplacent en fauteuil roulant.
«La mission des assistants est de lever les obstacles physiques à leur intégration dans l’école, mais nous avons veillé à ce que ces adultes étrangers au corps enseignant n’aient pas de tâches pédagogiques», précise Marianne Frischknecht. Il s’agira avant tout de maîtriser «des gestes du quotidien». Un projet de cahier de charges, que nous nous sommes procuré, montre pourtant que l’assistant, dont la tâche est de «favoriser l’autonomie» de son protégé, sera bien plus qu’une simple «béquille». Certes, il devra l’aider dans les transports, l’accès à l’école et à la classe, pour les appareillages, la prise des repas, de médicaments, l’hygiène... Mais il faudra aussi aider l’élève à comprendre les consignes, l’encourager, le rassurer et maintenir son attention. Il sera soutenu aussi dans la socialisation avec les enseignants ou ses pairs. Par exemple, à la récréation, l’assistant devra favoriser les interactions avec les camarades, tout en sachant à quel moment se mettre en retrait.
Les dix semaines de formation que ces chômeurs sont en train de suivre seront-elles suffisantes? «La formation intègre des stages dans des institutions spécialisées et sera suivie de modules de formation continue», répond Mme Frischknecht, qui insiste sur la qualité des candidatures. «Les personnes sélectionnées, très motivées, ont toutes eu une expérience avec un proche handicapé et leurs parcours témoignent de riches expériences de vie. L’absence de certification nuit toutefois à leur employabilité sur le marché du travail, c’est pourquoi l’Etat validera leurs acquis pour leur offrir une certification qui devrait les aider par la suite à trouver un emploi dans le domaine des soins communautaires.»
Ces assistants à l’intégration réjouissent Anne Emery-Torracinta, présidente d’insieme-Genève, association de parents d’enfants mentalement handicapés. «On verra toutefois à l’usage si leur formation est suffisante.» Comme socialiste, la candidate au Conseil d’Etat condamne en revanche le recours à des emplois de solidarité. Même son de cloche du côté d’Olivier Baud, président du Cartel intersyndical de la fonction publique et maître dans l’enseignement spécialisé. «Les moyens – quatorze assistants seulement et des salaires au rabais – ne sont clairement pas ceux attendus pour une école inclusive.»
Sans nier les raisons économiques, Mme Frischknecht justifie le recours à des emplois de solidarité par le caractère expérimental de ce dispositif limité. S’il s’avère être une réponse pertinente aux besoins, l’«échantillon» pourra peut-être s’élargir à des élèves avec des difficultés psychiques ou de graves troubles de comportement. Et les emplois de solidarité se transformer en «vrais postes»? Il est trop tôt pour répondre...





