Trois scénarios pour sauver l’emploi chez Merck Serono
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GENÈVE • Le personnel a adressé hier à la direction des propositions alternatives à la fermeture pure et simple du site.
Les employés de Merck Serono sont prêts à se battre pour être entendus. A l’issue du délai de consultation prolongé jusqu’au 4 juin, le personnel a validé hier trois scénarios alternatifs qui ont été remis à la direction. A divers degrés, ils visent tous le maintien d’emplois à Genève, alors que 1250 postes de travail – 1500 avec les sous-traitants – sont menacés par la fermeture du site annoncée fin avril. Un préavis de grève pour le mardi 12 juin a également été adopté à la quasi-unanimité des 630 personnes présentes. Il sera mis à exécution ou non en fonction de la suite des négociations.
«Sans ouverture de la direction sur le maintien d’emplois à Genève, le conflit va se durcir dès la semaine prochaine», prévient Alessandro Pelizzari, secrétaire régional du syndicat Unia. Cet après-midi, un débrayage d’une heure doit déjà avoir lieu pour soutenir les revendications des employés, alors qu’une manifestation est prévue samedi à 14h au départ des portes de l’entreprise sise à Sécheron.
Baisse des salaires
Le premier scénario proposé est celui du maintien du site genevois de Merck Serono, avec des gains d’efficience de 25 à 30% sur deux ans et une baisse des salaires et des bonus (entre 10 et 20%). Cette piste prévoit aussi un plan de départs volontaires et de retraites anticipées, de même que la diminution du nombre de cadres par la suppression d’échelons hiérarchiques. Plus de mille emplois seraient ainsi préservés.
La semaine passée, la direction de Merck a toutefois réaffirmé sa ferme intention de regrouper toutes les fonctions centrales du groupe sur son siège allemand de Darmstadt.
La seconde proposition prévoit le maintien de 310 postes de travail à Genève dans le cadre d’un Centre suisse d’expertises en biotechnologie affilié à Merck Serono. Cette structure de recherche serait basée sur les domaines de compétence de l’ex-Serono et regrouperait des secteurs thérapeutiques clés: maladies neurodégénératives, fertilité, endocrinologie, immunologie, «nouvelles thérapies».
En revanche, l’oncologie et les fonctions d’encadrement seraient déplacées à Darmstadt. Dans ce cas de figure, les mêmes efforts salariaux seraient consentis par le personnel que pour le premier scénario.
La troisième alternative est une solution hors Merck Serono. Elle vise la constitution du «Geneva Biotech Cluster» – une cellule biotech – regroupant les idées de spin-off et de start-ups des employés, comme une «constellation» de sociétés spécialisées dans le domaine des biotechnologies. Cette solution permettrait de recréer des emplois mais aussi de «retenir des compétences scientifiques et des experts dans la région», écrit le personnel. Pour ce faire, une hausse du fonds d’innovation promis par la direction est exigée, de 30 à 100 million, ainsi que la cession de brevets et d’infrastructures.
Le «silence» des politiques
Une amélioration du plan social a aussi été votée par l’assemblée générale, qui comprend le triplement des indemnités de départ et l’élargissement de son contenu aux sous-traitants.
De son côté, la direction de Merck Serono a affirmé qu’elle «étudiera toute proposition en détail», une fois l’ensemble des réponses à la consultation arrivées sur sa table. La suite du processus doit être annoncée ce matin.
Quant au Conseil d’Etat, dont la «passivité» et le «silence» sont dénoncés par les employés, il n’a pas retourné nos appels. La «task force» regroupant le canton de Genève, la Confédération, la direction de l’entreprise et les représentants du personnel ne s’est toujours pas réunie à ce jour. I





