Vingt et un candidats en lice pour un siège de député
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LÉGISLATIVES FRANÇAISES • Les prétendants se disputent un siège à l’Assemblée nationale pour y représenter les Français de Suisse. Parole aux femmes.
C’est une première! Le mois prochain, les Français de l’étranger pourront élire leurs propres représentants à l’Assemblée nationale dans le cadre des élections législatives. Les quelque 2,3 millions de Français résidant hors de l’Hexagone auront onze députés parmi les 577, rattachés à onze nouvelles circonscriptions. Une nouveauté mise en place pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy dans le cadre de la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008.
Celle qui concerne la Suisse, la sixième circonscription représentant les Français établis dans la Confédération et au Liechtenstein, concentre plus de 155 000 Français inscrits sur les registres consulaires. Dans la course au siège unique de député, pas moins de vingt et un candidats sont officiellement en lice. De quoi noyer les électeurs dans une campagne qui n’a, jusque-là, eu que très peu d’échos. Alors, qui sont les candidats?
Parmi ces nombreux prétendants, on retrouve des personnalités
politiques féminines reconnues en Suisse, à l’image de l’ancienne députée radicale genevoise Marie-Françoise de Tassigny, l’ex-députée socialiste genevoise Nicole Castioni, mais aussi Micheline Spoerri, ancienne conseillère d’Etat libérale à Genève, et enfin, la fiscaliste et ancienne conseillère municipale Magali Orsini, qui représente le Front de gauche. Toutes binationales, elles ont l’avantage d’avoir brigué plusieurs charges politiques et d’avoir accumulé une certaine expérience du terrain.
Avantage à l’UMP
Autre pilier dans la course aux législatives: Claudine Schmid, candidate UMP basée à Zurich, engagée depuis des années au sein de l’Association des Français de l’étranger, qui pourrait partir favorite à la suite des scores réalisés en Suisse par Nicolas Sarkozy aux élections présidentielles (62%, contre 37% pour François Hollande au second tour).
Plutôt implantées sur le terrain suisse, qu’est-ce qui a poussé ces femmes à s’engager dans la politique française? «Je suis binationale jusqu’au bout des ongles! Après avoir fait treize ans au Grand Conseil, il était important pour moi de me mettre à disposition de la France», raconte Mme de Tassigny, aussi conseillère des Français de l’étranger depuis 2006. L’engagement de Micheline Spoerri est lui lié à un sentiment d’appartenance fort aux deux pays, aux deux cultures: «Je suis convaincue que le rôle du député ne peut s’exercer que si l’on connaît bien la Suisse et ses institutions. J’ai cette expérience.» Pour Nicole Castioni, c’est la «concrétisation d’un long parcours politique» et la possibilité de «consolider l’arrivée de François Hollande à l’Elysée et d’apporter une continuité à sa politique».
Porte-parole d’une région
L’éventail de concurrents met aussi en avant des outsiders, souvent débutants en politique, mais dont l’engagement n’est pas moins sérieux. Par exemple, Ximena Kaiser Morris, investie par Europe écologie les Verts (EELV), et qui mène une campagne très active basée sur deux axes capitaux: le nucléaire et le gaz de schiste ainsi que la sixième République proposée par Eva Joly: «Nous tendons vers l’idée d’une République plus participative, à l’image du fédéralisme helvétique.» Au Parti radical de gauche, Leila Barki, française résidente à Annemasse, est convaincue qu’un rétablissement des valeurs de gauche est indispensable pour le développement de la région. Et loin de France voisine, en région parisienne, la franco-suisse Odile Mojon, de Solidarité et Progrès (le parti de Jacques Cheminade), place la crise financière au centre de sa campagne: «Ne pas aborder cet aspect pour ce poste, c’est être à côté de la plaque!»
Quant aux revendications des candidats, elles reflètent les préoccupations majeures des Français de Suisse, à savoir l’harmonisation des relations franco-suisses en général, qui passe par la justice fiscale, l’éducation, la santé ou encore l’essor industriel. «Le député doit être le porte-parole des difficultés de la région», conclut Nicole Castioni. I
Inégalités de traitement
En pleine campagne, certains candidats dénoncent des injustices, notamment la difficulté d’atteindre les électeurs. «Le Consulat de France nous a mis à disposition la liste complète des Français de Suisse, mais seule la moitié avait déclaré une adresse de courriel», précise Magali Orsini, candidate du Front de gauche, qui explique que les petits partis et les indépendants se retrouvent pénalisés car ils n’ont souvent pas les ressources financières suffisantes pour envoyer leur matériel électoral à tous les Français.
Pierre-Jean Duvivier, candidat indépendant de sensibilité libérale, a rédigé à ce sujet un mémo qui pointe les entraves faites aux indépendants qui se lancent dans la course aux législatives. Contrairement aux partis constitués, ces derniers ont été condamnés à attendre la validation de leur candidature (mi-mai) pour accéder aux listes électorales intégrales. Compliqué dès lors de mener une campagne en moins d’un mois. «Les Français ne savent pas que la démocratie est confisquée par le jeu des partis», témoigne-t-il. MTO





