Samedi, 18 mai 2013

Une fin de campagne à couteaux tirés

LUNDI 30 AVRIL 2012

France • «Infamie» contre «affaires d’Etat gravissimes»: le ton monte entre le camp socialiste de François Hollande et celui du président sortant.

A une semaine du second tour, le climat de la campagne présidentielle s’est brutalement et brusquement dégradé. Vendredi, déjà, l’atmosphère avait été électrisée par la «plaisanterie» sexiste d’un leader de l’aile la plus à droite de l’UMP, à l’encontre de la compagne de François Hollande.
Les deux camps avaient ensuite rivalisé de comparaisons historiques à l’emporte-pièce. Aux accusations de «dérive pétainiste» lancées à la droite par «L’Humanité» et les ex-candidats Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly, Nicolas Sarkozy avait répondu en dénonçant des «procès staliniens». Mais, hier, le ton est encore monté d’un cran.
 
Lecture complotiste
Ainsi, Nicolas Sarkozy a accusé ses opposants de «honte» et d’«infamie». Son premier ministre, François Fillon, a dénoncé des «boules puantes». Et le No 1 de l’UMP, Jean-François Copé, a crié au «délire». Visé? Dominique Strauss-Kahn.
Dans des propos qui lui ont été attribués par le quotidien «The Guardian», l’ex-favori du PS à l’Elysée a de nouveau fait une lecture complotiste du  «rôle» qu’auraient joué ses «opposants politiques» dans l’exploitation de sa relation inappropriée avec Nafissatou Diallo. «Trop c’est trop!», s’est écrié Nicolas Sarkozy, qui a ordonné à l’ex-patron du FMI d’avoir «la pudeur» de se taire, si ce n’est devant la justice. Et la porte-parole du candidat d’en profiter pour accuser François Hollande d’avoir été «forcément au courant» des «agissements» de DSK avec les femmes.
 
L’ombre de Kadhafi
Gêné par le retour à l’avant-plan de cette figure encombrante, le PS s’est empressé de donner un très large écho à une note publiée par le site Mediapart. Présentée comme issue des services secrets kadhafistes, elle fait état de l’accord qu’aurait donné l’ex-président libyen à un financement frauduleux de la campagne présidentielle sarkozyste de 2007.
Dernièrement, déjà, le candidat UMP avait été accusé par l’ex-No 1 du géant nucléaire Areva, Anne Lauvergeon, d’avoir voulu vendre une centrale au Libyen. 
Et, comme si cela ne suffisait pas, l’AFP a dévoilé ce week-end le contenu d’une audition judiciaire de l’ex-trésorier de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur, en 1995 (dont Nicolas Sarkozy était le porte-parole). Ce PV relance les soupçons sur des commissions occultes qu’aurait perçues la droite en 1995, en marge de contrats de vente d’armements au Pakistan.
«Grossière diversion» pour faire oublier DSK, a pesté l’UMP, François Fillon réduisant Mediapart à «une officine financée par de riches amis de François Hollande». «Gravissimes affaires d’Etat», a tonné le camp socialiste. Qui a sommé le président-candidat de s’expliquer devant la justice et l’opinion. Et l’a accusé de ne reculer devant rien pour «faire oublier que, ces derniers jours, la droite a bradé le peu des dernières valeurs qu’il lui restait», en faisant «la course» aux 6,4 millions de voix lepénistes du premier tour. 
 
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