Trois fois non à la future Constitution
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JEUDI 26 AVRIL 2012
GENÈVE • Gérard Sermet s’oppose au projet de Constitution cantonale qui dénie le droit d’éligibilité communale aux étrangers.
Le droit d’éligibilité aux étrangers au niveau communal a donc passé à la trappe lors de la troisième lecture de la future Constitution.
Suite à un marchandage entre les chefs de groupes de la constituante, digne de vendeurs de tapis, un deal méprisant pour les 40% d’étrangers de notre canton a été conclu.
J’en tire les conséquences. Je m’opposerai avec véhémence à la nouvelle Constitution et dès maintenant je vais faire campagne pour le «non». J’espère être rejoint par les forces progressistes pour encourager les votants genevois à refuser ce texte et faire en sorte qu’il se retrouve à la poubelle.
Je me réjouis d’entendre les arguments des constituants de gauche ou des milieux associatifs pour nous inciter à accepter ce texte qui n’a même pas le courage d’accorder l’éligibilité sur le plan communal à nos amis étrangers.
J’avais même eu la naïveté de croire que la future constitution accorderait le droit de vote aux étrangers sur le plan cantonal! C’est encore une chance que les constituants n’aient pas remis en question le droit de vote au niveau communal!
Et dire que soi-disant une majorité des constituants seraient favorables à cette éligibilité mais que malheureusement le peuple genevois ne serait pas prêt à l’accepter. Cet argument me fait tomber les chaussettes! et démontre un courage politique époustouflant!
Gérard Sermet, conseiller municipal socialiste, Chêne-Bourg (GE)
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Trois fois non à la future Constitution
Cher camarade (non pas de parti mais de cœur),
merci beaucoup de votre cri du coeur. Heureusement UNE fois NON suffira, pour autant que les membres du groupe socialiste pluraliste, et autres constituants de gauche ou des milieux associatifs se décident à désavouer leurs chefs de groupe, qui les entraînent sur la voie glissante de concessions que vous avez raison de dénoncer comme lamentables.
Ces derniers n'ont hélas plus laissé aux constituants comme option que de refuser l'ensemble du texte s'il veulent protester contre la mise au rancart de ce pauvre alinéa, alignant, par l'éligibilité aux instances communales, le droit de nos amis étrangers, comme vous les nommez, sur celui du droit de vote acquis sur initiative en 2005. Ces habiles et machiavéliques ont, en acceptant tacitement l'offre de la droite de ne plus s'accrocher à la réforme fiscale défavorable aux communes populeuses, en contrepartie de bénir le paquet en fin de parcours, cautionné le verrou imposé par le règlement de l'Assemblée. Ce dernier ne permet pas à ce stade de la 3ème lecture d'inclure de nouvelles propositions sauf si la majorité absolue de 41 voix l'exige. Une forte fraction de la majorité ayant voté le retrait de l'éligibilité devrait donc se déjuger pour la remettre sur le tapis après un sursaut moral de vos collègues revenant sur leur marchandage, c’est évidemment impensable.
La seule façon qui reste donc pour sanctionner à ce niveau l'iniquité de ce marchandage, est bien pour ceux dont les groupes se sont engagés à accepter l'ensemble, à désavouer leur responsable et voter CONTRE l'ensemble du projet lorsque la question viendra au vote, en dernier recours le 31 mai. Ainsi, la droite, qui tenait le manche par le bon bout, aura échoué à parfaire la chaîne des chantages remontant à celui des partis xénophobes sous la houlette MCG, qui menaçait de combattre frontalement un projet accordant l’éligibilité. Plus la majorité acceptant le projet ainsi amputé sera faible, moins les chances de la constitution de passer le cap en octobre seront réelles.
On ne peut que vous souhaiter de réussir à soulever vos collègues constituants contre le marché de dupes qu’on leur a fait avaler et qu’ils s’évertueront à nous présenter de la manière la plus attrayante pour nous la faire gober. Or, comme vous, je pense qu'il est des os qui ne passent pas.
Avec ma solidarité
Dario CIPRUT