une victoire pour la gauche et les femmes
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Le Conseil d’Etat vaudois gardera pour cinq ans la prédominance rose-vert qu’il avait provisoirement acquise en décembre dernier. Avec quatre représentants, la gauche gouvernera pour la première fois le canton durant une pleine législature. L’issue du 2e tour se conjugue avec un autre événement historique, la désignation du premier gouvernement romand composé majoritairement de femmes. Seul le canton de Zurich avait connu un tel précédent, de 2003 à 2006.
Si le verdict des urnes ne constitue pas une surprise, il n’en est pas moins retentissant. Certes, le profil des candidats a joué un rôle et celui de Claude-Alain Voiblet, en dépit de sa posture de candidat consensuel, a visiblement rebuté une frange de l’électorat conservateur modéré. Mais il est politiquement significatif que l’enjeu – la perte de la traditionnelle hégémonie bourgeoise – n’ait pas eu l’effet mobilisateur escompté à droite. L’épouvantail brandi par les ténors libéraux-radicaux n’y aura rien changé. Avec la défaite du candidat UDC, c’est aussi la stratégie du PLR qui se voit désavouée: une partie de sa base s’accommode plus facilement d’un gouvernement progressiste que de son encombrant allié.
En plaçant d’emblée ses quatre candidats sur un ticket commun, socialistes et Verts avaient pour leur part tiré les enseignements de 2007. La stratégie s’est révélée payante: après le triomphe de Pierre-Yves Maillard, le joli tir groupé réalisé par Nuria Gorrite, Béatrice Métraux et Anne-Catherine Lyon témoigne de la solidité de l’attelage. Cela n’a toutefois pas empêché quelques coups de crayons dans leurs rangs: hier, Anne-Catherine Lyon s’est ainsi vu biffer plus souvent qu’à son tour sur les bulletins écologistes.
S’il est clair, le choix des Vaudois ne constitue pas un chèque en blanc pour la nouvelle majorité, qui devra composer avec un parlement où la droite a renforcé son emprise. D’aucuns verront dans cette répartition des pouvoirs une forme de garde-fou. Mais celle-ci pourrait aussi être source de blocages: la droite ne manquera pas d’adopter une attitude sourcilleuse, notamment en matière de dépenses publiques. En même temps, le Grand Conseil pourra difficilement remballer les projets de la gauche en matière de logement, de crèches, d’infrastructures et d’énergie. Autant de domaines où les besoins sont criants et les attentes élevées. S’opposer par calcul aux impulsions que compte donner le futur Conseil d’Etat ne serait guère payant pour la droite, qui doit déjà panser ses plaies.






Si Skander Vogt avait pu voter?