Jeudi, 23 mai 2013

une victoire pour la gauche et les femmes

LUNDI 02 AVRIL 2012

Le Conseil d’Etat vaudois gardera pour cinq ans la prédominance rose-vert qu’il avait provisoirement acquise en décembre dernier. Avec quatre représentants, la gauche gouvernera pour la première fois le canton durant une pleine législature. L’issue du 2e tour se conjugue avec un autre événement historique, la désignation du premier gouvernement romand composé majoritairement de femmes. Seul le canton de Zurich avait connu un tel précédent, de 2003 à 2006.
Si le verdict des urnes ne constitue pas une surprise, il n’en est pas moins retentissant. Certes, le profil des candidats a joué un rôle et celui de Claude-Alain Voiblet, en dépit de sa posture de candidat consensuel, a visiblement rebuté une frange de l’électorat conservateur modéré. Mais il est politiquement significatif que l’enjeu – la perte de la traditionnelle hégémonie bourgeoise – n’ait pas eu l’effet mobilisateur escompté à droite. L’épouvantail brandi par les ténors libéraux-radicaux n’y aura rien changé. Avec la défaite du candidat UDC, c’est aussi la stratégie du PLR qui se voit désavouée: une partie de sa base s’accommode plus facilement d’un gouvernement progressiste que de son encombrant allié.
En plaçant d’emblée ses quatre candidats sur un ticket commun, socialistes et Verts avaient pour leur part tiré les enseignements de 2007. La stratégie s’est révélée payante: après le triomphe de Pierre-Yves Maillard, le joli tir groupé réalisé par Nuria Gorrite, Béatrice Métraux et Anne-Catherine Lyon témoigne de la solidité de l’attelage. Cela n’a toutefois pas empêché quelques coups de crayons dans leurs rangs: hier, Anne-Catherine Lyon s’est ainsi vu biffer plus souvent qu’à son tour sur les bulletins écologistes.
S’il est clair, le choix des Vaudois ne constitue pas un chèque en blanc pour la nouvelle majorité, qui devra composer avec un parlement où la droite a renforcé son emprise. D’aucuns verront dans cette répartition des pouvoirs une forme de garde-fou. Mais celle-ci pourrait aussi être source de blocages: la droite ne manquera pas d’adopter une attitude sourcilleuse, notamment en matière de dépenses publiques. En même temps, le Grand Conseil pourra difficilement remballer les projets de la gauche en matière de logement, de crèches, d’infrastructures et d’énergie. Autant de domaines où les besoins sont criants et les attentes élevées. S’opposer par calcul aux impulsions que compte donner le futur Conseil d’Etat ne serait guère payant pour la droite, qui doit déjà panser ses plaies.

En lien avec cet article: 

Un bail de cinq ans pour la gauche

Le suspense aura peu duré. Hier, vers midi trente déjà, l’avance de Nuria Gorrite, Béatrice Métraux et Anne-Catherine Lyon sur leur adversaire Claude-Alain Voiblet ne laissait plus de doute sur l’issue du 2e tour de l’élection au Conseil d’Etat. La victoire du ticket rose-vert permet à la gauche de confirmer pour cinq ans la majorité provisoirement acquise en décembre. Le ...
 
Le Courrier
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Portrait de pflumet

Si Skander Vogt avait pu voter?

Affirmer que c'est peut-être une victoire pour les femmes, je veux bien, mais il faut aussi regarder un peu plus attentivement quel genre de victoire. Quand à une victoire de la gauche...
 
Le Courrier était un des rare journal à relayer le scandale Vogt avec un peu plus de prise de position que les autres.
 
Mais parmi les élues, il y a une certaine Béatrice Metraux, qui avant d’être élue, avait défendu en tant que secrétaire générale de la Fédération des fonctionnaires vaudois (FSF) les gardiens de prison dans l’affaire Vogt. Je n'arrive vraiment pas à voir la-dedans une position de gauche, voire même ce qu'apporte le fait qu'elle soit une femme.
 
Quand on sait qu'elle vient de prendre le Département de l’intérieur qui est en charge des communes, des Eglises, des institutions, des prisons, ainsi que du service de législation, on ne peut qu'être inquiet pour tous les détenus arbitrairement maintenu en détention sous l'article qui permet à un juge de prononcer un internement à durée indéterminée. Car si on peut se réjouir que le recours de la soeur de Skander Vogt au Tribunal fédéral ait abouti, rien n'est moins sûr qu'un revirement de la justice vaudoise dans cette affaire.
 
En tant qu'abonné, j'aurais apprécié que le Courrier mentionne cet élément plutôt que les éternels possible blocages de la droite.
 
P. Flumet