Mercredi, 22 mai 2013

Au-delà de la compétition

MERCREDI 23 NOVEMBRE 2011

MUSIQUE • Deux quatuors ont raflé le premier prix au Concours de Genève, lors d’une finale exceptionnelle.

Un délice, la finale des quatuors à cordes dimanche dernier, au Conservatoire de Genève. Tout l’après-midi, trois ensembles ont interprété deux œuvres du répertoire chambriste, dont une pièce de Beethoven (compositeur imposé) et un morceau à choix du XXe siècle. Saisi, le public en a presque oublié qu’il s’agissait d’une compétition. Il est vrai que le niveau était impressionnant. Deux premiers prix ont d’ailleurs été attribués.  
Les lauréats sont Armida Quartett (Allemagne), favori du public, et le Quatuor Hermès (France). Bien que le premier ensemble rassemble quatre virtuoses dont l’interprétation du Ligeti est à couper le souffle, on a eu un véritable coup de cœur pour les jeunes Français. Leur intelligence musicale – délicatesse, discours – ainsi que la cohésion d’ensemble menée avec finesse par le premier violon illustraient à merveille la justesse et la maturité qu’on attend des grands quatuors. Le 3e prix a été décerné au Quatuor Girard, composé de quatre frères et sœurs. Leur interprétation du Schumann à la demi-finale reste mémorable, avec un violoncelle puissant dans l’adagio, mais il est vrai qu’il leur manque peut-être encore cette maturité dont ont fait preuve les deux lauréats.
Si le public était totalement subjugué dimanche, il en fut autrement lundi soir lors de la finale de chant au Grand Théâtre, où la tension était palpable. Il semble que le niveau des chanteurs n’ait pas convaincu le jury présidé par la légendaire Teresa Berganza. En effet, sur les six finalistes prévus, seulement cinq ont été retenus.
Il y avait ainsi le baryton américain Eugene Chan, seule voix masculine, dont le sourire enjôleur dans le Mahler n’aura pas été assez séduisant. Trois soprani étaient également en lice: l’Ukrainienne Ivanna
Lesyk-Sadivska nous a offert un air de Gershwin (Porgy and Bess) avec un naturel déroutant, peut-être encore timide, mais qui lui a valu le prix du Cercle du Grand Théâtre – on félicite en passant le swing de l’Orchestre de la Suisse romande dirigé par John Darlington. La Genevoise Sarah Pagin, elle, nous a régalé dans son air de Linda (Donizzetti) par la générosité de ses aigus et la légèreté de ses vibratos, ainsi que dans le tendre duo de Morgen (Strauss) divinement interprété par le premier violon Sergei Ostrovsky. Les prouesses techniques de la Polonaise Ania Vegry dans la Messe en do de Mozart et Ariane à Naxos (Strauss) lui ont valu le troisième prix ex aequo avec la jeune Française Antoinette Dennefeld. Cette mezzo-soprano à la voix ample, ronde et pleine, a envoûté le public qui lui octroie son prix pour son air de Shéhérazade (Ravel) et surtout de la Cenerentola (Rossini).

 

Une masterclass donnée par Teresa Berganza prolonge le concours. Rens. www.concoursgeneve.ch

 
Le Courrier
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Portrait de leorime

Re:

Merci pour cette brève de qualité sur la musique classique à Genève. Au plaisir d'en relire!

Portrait de claire

A Leorime:

Merci!