Mardi, 30 août 2016

Lula, soupçonné de corruption, interrogé par la police

Vendredi 04 mars 2016

L'ancien président du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva a été entendu par la police fédérale de son pays.

L'ancien président brésilien Lula,a été entendu vendredi par la police fédérale qui a perquisitionné son domicile. Les policiers l'ont interrogé sur de présumés délits de corruption et blanchiment d'argent dans le cadre du vaste scandale Petrobras.

Luiz Inacio Lula da Silva, 70 ans, a été conduit au siège de la police fédérale de l'aéroport de Congonhas (Sao Paulo) pour l'interrogatoire. Des dizaines de partisans et d'adversaires de l'ancien dirigeant de gauche s'étaient massés dans le hall pour manifester, en venant parfois aux mains.

Auparavant, la police fédérale avait «mené des fouilles et perquisitions chez Lula (à Sao Paulo), à l'Institut Lula et chez plusieurs de ses collaborateurs et membres de sa famille», a déclaré à l'AFP José Chrispiniano, attaché de presse de l'ex-président brésilien et de la fondation portant son nom.

Une armée de policiers et d'enquêteurs

Dans un communiqué, la police a de son côté précisé que l'opération «Lavage Rapide» avait mobilisé «près de 200 policiers et 30 inspecteurs des impôts» en exécution de «44 mandats judiciaires, dont 33 mandats de fouilles et perquisitions et 11 mandats d'amener dans les Etats de Rio de Janeiro, Sao Paulo et Bahia».

Selon le procureur Carlos Fernando dos Santos Lima, l'ex-chef d'Etat a bénéficié de «beaucoup de faveurs» de la part de grandes entreprises du bâtiment, accusées de corruption dans le scandale Petrobras. Celles-ci lui ont versé environ 30 millions de reais (7,7 millions de francs) constitués de dons et d'honoraires pour des conférences, a-t-il déclaré.

Triplex et maison de campagne

«Les faveurs sont nombreuses et difficiles à évaluer. Il est plus facile de quantifier les travaux effectués dans l'appartement triplex et la maison de campagne», qui auraient été financés par de l'argent du réseau de fraudes autour de Petrobras, a-t-il ajouté. Le procureur n'envisage toutefois pas de demander l'incarcération de l'ancien chef d'Etat à l'heure actuelle.

Lula a déjà nié à plusieurs reprises être le propriétaire de ce triplex, situé dans la cité balnéaire de Guaruja (Sao Paulo), ou de la maison de campagne. Dans un communiqué, l'Institut Lula a déploré l'action de la police, «arbitraire, illégale et injustifiable». Selon lui, «la violence pratiquée aujourd'hui contre l'ex-président Lula et sa famille» constitue «une agression contre l'Etat de droit».

Lula, au pouvoir de 2003 à 2010, reste une figure illustre de la politique brésilienne. Son destin est étroitement lié à celui de l'actuelle présidente Dilma Rousseff et du Parti des travailleurs (PT, gauche) qu'il a fondé en 1980, à la fin de la dictature.

«Révélations filtrées, sélectives et illégales»

Lancée en 2014, l'enquête sur le scandale Petrobras a mis au jour un système de trucage systématique des marchés passés entre le géant pétrolier contrôlé par l'Etat et 16 entreprises, donnant lieu à des commissions de 1 à 3% sur chaque contrat dont une partie était reversée à des élus de la coalition au pouvoir.

L'opération «Lavage rapide» intervient au lendemain d'une avalanche de nouvelles accusations de corruption dans le scandale Petrobras avec notamment la déclaration d'un sénateur impliquant, selon la presse, Rousseff et Lula.

«Ces révélations filtrées, apocryphes, sélectives et illégales doivent être rejetées et leur origine rigoureusement tirée au clair car elles bafouent la loi, la justice et la vérité», a réagi la présidente dans un communiqué.

Un groupe de juristes soutenus par l'opposition a lancé fin 2015 une procédure de destitution à l'encontre de Mme Rousseff, l'accusant d'avoir maquillé les comptes publics.

Ramifications en Suisse

Jeudi, la Cour suprême avait annoncé que le président de la Chambre des députés Eduardo Cunha, rival de Mme Rousseff, sera jugé dans le cadre de ce même scandale. Il est soupçonné d'avoir reçu au moins cinq millions de dollars de pots-de-vin. Il fait aussi l'objet d'une enquête sur des présumés comptes bancaires secrets en Suisse alimentés par l'argent de Petrobras.

Le 24 février, le Ministère public de la Confédération (MPC) avait arrêté un Brésilien dans le cadre de cette affaire. Cet homme avait tenté de faire sortir de Suisse des valeurs patrimoniales et se trouve en détention provisoire pour trois mois en raison du risque de collusion et de fuite. Le MPC avait de forts soupçons sur sa participation au versement de pots-de-vin à d'anciens dirigeants de Petrobras.

 
Le Courrier
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