Lundi, 27 juin 2016

Le CICR offre des arbres au Proche-Orient

Jeudi 03 mars 2016
Pixabay

Le CICR a entamé la distribution de 4000 amandiers à des cultivateurs de la bande de Gaza. Leur terres, le long de la frontière avec Israël, ont été ravagées par la guerre.

Marouane Abu Mharreb est l'un des bénéficiaires du projet du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui consiste à distribuer des amandiers aux cultivateurs gazaouis. Il raconte les difficultés de ceux qui vivent littéralement en première ligne dans l'enclave sous blocus israélien, ravagée depuis 2008 par trois guerres. Malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis fin août 2014, des tirs retentissent au loin, faisant s'envoler un nuage de cigognes.

 

«Nous sommes à 700 ou 800 mètres de la frontière, les patrouilles militaires (israéliennes) passent non loin de nos champs, tous les jours on entend des tirs depuis les zones d'entraînements» israéliennes, de l'autre côté de la barrière de sécurité israélienne, dit-il. «Chaque jour, on met notre vie en danger en allant sur nos terres», poursuit ce Palestinien de 45 ans. Il cultive des aubergines, des courgettes et d'autres légumes sous serres, en plus des terres qu'il a retournées pour y planter les amandiers apportés par le CICR. L'arrivée des amandiers ne dissipe pas l'inquiétude.

 

Cultivateurs endettés

 

«Qui nous dit qu'un avion israélien ne va pas venir tout détruire de nouveau?», lance un des cultivateurs, faisant allusion à des épandages aériens israéliens en bordure de territoire. «Avec la guerre, on perd une récolte avec laquelle on comptait rembourser les dettes», explique Mohammed Abou Mharreb, qui lui aussi a replanté des amandiers grâce au CICR. Après la guerre, «il y a un épandage et on perd encore une récolte. Les dettes s'accumulent. Moi, je dois encore 4200 dollars à mon fournisseur d'engrais et je ne sais pas comment je vais les payer», dit-il.

 

Epandage d'herbicide

 

Selon les cultivateurs de la localité de Wadi Salqa, dans le centre de la bande de Gaza, ces épandages visent à empêcher les bergers de faire paître leurs animaux le long de la barrière.

 

Les épandages d'herbicides visent à «empêcher qu'on dissimule des engins explosifs artisanaux dans l'herbe et que la zone serve à des fins hostiles», a déclaré une porte-parole de l'armée israélienne. «Le produit dispersé ne cause pas de tort à l'environnement», a-t-elle estimé.

 

Selon l'ONU, la moitié des zones cultivables à Gaza et 85% des ressources halieutiques sont inaccessibles, parce qu'elles sont frontalières et font les frais du blocus imposé par Israël depuis dix ans. En 1968, l'agriculture représentait plus de la moitié du PIB palestinien, aujourd'hui elle n'en représente plus que 4 à 5%.

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