Lundi, 27 juin 2016
ÉditoSuisseLaura DromptTunnel du Gothard

Non à un permis de polluer

Vendredi 05 février 2016

Le tunnel du Gothard sera rénové quel que soit le résultat le 28 février prochain. Mais à quel prix? D’une part, on nous propose un projet de second tube coûteux (3 milliards de francs) et contrevenant à l’esprit de l’initiative des Alpes. De l’autre, une rénovation plus économique (1,4 milliard) et écologique, avec un transfert temporaire de la route au rail.

Le Conseil fédéral défend pourtant le premier. Après avoir vanté les mérites de l’écologie le temps de la COP21, Doris Leuthard leur tourne le dos. Loin des lumières de Paris, l’environnement lui tient moins à cœur que la flagornerie auprès des lobbys de la route et de la construction.

Ces derniers salivent d’avance devant un second tunnel, maintes fois refusé par la population suisse, mais aussi par les habitants d’Uri et du Tessin dont on voudrait nous faire croire qu’ils craignent d’être coupés du monde le temps des travaux. C’est à se demander comment ils ont fait jusqu’en 1980, date de la construction du tunnel. Ce que demandent les Tessinois, ce n’est pas tant un gouffre à milliards qu’une économie locale forte, à l’heure où les entreprises délocalisent, abandonnent les régions périphériques et pratiquent le dumping salarial. Voilà, peut-être, une piste où il serait bon d’investir le milliard et demi économisé avec l’option à un seul tunnel.

Le problème vient surtout de la mascarade qui nous est jouée. De deux choses l’une: soit les partisans du second tunnel sont honnêtes et demandent aux Suisses d’investir 3 milliards pour une route comptant 17 000 véhicules par jour (il en passe plus de 100 000 par jour à Renens). Une dépense somptuaire, puisqu’il nous est juré qu’aucune augmentation du trafic n’aura lieu. Soit ils mentent et souhaitent utiliser toutes les capacités d’un ouvrage aussi cher, transformant un «oui» le 28 février en un permis de polluer.

Le rapport entre le coût et l’utilité de ce nouveau tunnel fait clairement pencher la balance vers le «non». Vers un choix d’avenir, tourné vers le rail et la durabilité plutôt qu’une voie royale aux camions et aux transports motorisés.

 
Le Courrier
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