Lundi, 25 juillet 2016

Bientôt des trains fantômes?

Vendredi 06 novembre 2015

Les CFF ont annoncé hier vouloir supprimer 900 postes sur 28'000 emplois (soit 3,2% de leurs effectifs) à l’horizon 2020! Soit des économies de 550 millions par an. Et ensuite? Ce sera pire. Il faudra réduire les coûts de 1,7 milliard de francs par an pendant dix ans.
Le seul nom de l’opération, RailFit20/30 fait rêver. Il a été concocté par le cabinet d’audit McKinsey. Pour inventer de tels acronymes gageons qu’il a été bien rémunéré. C’est donc du sérieux. Quant à savoir si ces technocrates ont déjà fait rouler des trains, l’avenir le dira. A priori, supprimer des postes dans un marché appelé à croître paraît peu sérieux. Mais peut-être que les CFF ont d’autres ambitions plus rentables, comme de construire sur les terrains de l’ex-régie d’Etat ou vendre des grils et des vignettes autoroutières comme La Poste. Ou que ses dirigeants rêvent de faire rouler des trains fantômes sans conducteurs.
Car derrière cette froide logique managériale, c’est bien le processus de privatisation – libéralisation en bonne novlangue – qui est en cause. Les CFF ne sont pas les seuls concernés. On a cassé la régie PTT en 1997. Aujourd’hui, les bureaux ferment et les postiers n’assurent même plus certaines tâches de service public, comme apporter leurs retraites AVS aux aînés.

Dans le triste démantèlement de CFF S.A., il y a des perdants: les usagers, les employés et l’environnement. Les premiers voient certaines prestations se dégrader. On ne fera pas croire que les horaires seront davantage respectés, avec 3,2% de personnel en moins et que la sécurité sera améliorée dans un tel processus d’austérité. Les seconds sont traités comme de simples variables d’ajustement structurel. Enfin, avec la fin de la mission de service public, c’est la notion d’intérêt général qui en prend un coup. La crise climatique voudrait que l’on favorise le train. Cela suppose une vision à long terme, une réflexion sur le territoire et sur la mobilité ainsi qu’une politique qui tienne compte des besoins de chacun. Comment demander cela à une entreprise à qui l’on réclame des comptes financiers et non plus l’accomplissement d’une mission de service public?

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