Mercredi, 24 août 2016

Frein potentiel à un essentiel débat

Lundi 09 mars 2015

Une sacrée claque. Le peuple a sèchement dit «non» à deux initiatives populaires. Les trois quarts des Suisses ont refusé la proposition du PDC de défiscaliser les allocations familiales; et, à 92%, ils ont refusé la proposition des Vert’libéraux de remplacer la TVA par une taxe sur l’énergie.
Ce qui relie ces deux textes? Le fait qu’ils s’inscrivent dans une tendance lourde de la politique suisse, celle de la démagogie populiste. Pour le PDC, il s’agissait de brandir un fondamental: la famille. Sans se préoccuper du manque à gagner pour les caisses publiques –  environ 1 milliard de francs – qui se serait traduit par des prestations moindres frappant prioritairement les plus déshérités.
Les votants ne s’y sont pas laissé prendre. C’est une bonne nouvelle. D’autant plus que ce parti gouvernemental va de plus en plus braconner sur les terres de l’extrême droite. Lorsque Christophe Darbellay, président de la formation, prend fait et cause pour la préférence nationale en matière d’emploi, comme il l’a fait ce week-end, c’est bien à un naufrage que nous assistons. La fachosphère européenne a immédiatement réagi: ses propos ont été repris sur tous les sites d’extrême droite à la vitesse d’un feu de brousse et avec des cris extasiés sur le modèle
helvétique.
Le projet de remplacer la TVA par une taxe sur l’énergie s’inscrivait quant à lui dans une logique purement électoraliste des Vert’libéaux. A l’arrivée, c’est bien une balle dans le pied que les milieux écologistes se sont tirés. Avec 8% de soutien – dans certaines communes, le refus a été de 100%! – cela va ôter une marge de manœuvre aux autorités fédérales soucieuses de durabilité.
Osons donc dire que, oui, il faudra pourtant réduire notre consommation d’énergies fossiles. Le litre d’essence à 5 francs qui a été placardé au dos des bus pour effrayer le bon peuple est une réalité inéluctable pour cause de réserves limitées. Le problème est de savoir si cela se fera dans la douleur ou en jouant la carte de la convivialité, pour reprendre le concept cher à Ivan Ilitch.
Cela signifie surtout – et c’était bien le problème de cette initiative – que la révolution énergétique ne passera pas via une internalisation de ces enjeux climatiques et environnementaux dans les règles de marché forcément inégalitaires. Ce sont des choix et des arbitrages politiques volontaristes qui doivent être faits. En préservant les droits sociaux, démocratiques et le bien commun. Quoi qu’en disent les initiants, leur projet s’inscrivait dans une logique productiviste. Il était davantage un problème qu’une solution.

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