Caisses de pension: au-delà du référendum, un débat plus large
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RETRAITES • La fusion contestée par le SSP de la CIA et de la CEH pose la question d’un système fragilisé par la crise du système financier.
Le référendum lancé par le Syndicat des services publics (SSP-VPOD) contre le projet de fusion des deux principales caisses de pension de l’Etat – la CIA et la CEH – a donc abouti (lire notre édition d’hier). Mercredi, le syndicat a déposé quelque 9700 signatures contre cette loi votée le 14 septembre dernier par les députés genevois. Le vote est prévu, selon toute vraisemblance, le 3 mars 2013.
Que va-t-il maintenant se passer? S’il veut l’emporter, le SSP-VPOD, qui est parti seul au combat – le Cartel intersyndical de la fonction publique avait décidé de ne pas lancer de référendum –, doit impérativement élargir le front politique.
En l’occurrence, ce n’est pas gagné, même si l’extrême gauche (Solidarités, le Parti du travail et l’Avivo) soutiennent le référendum. Du côté de la gauche institutionnelle, tant le PS que les Verts devraient soutenir la loi. «La décision sera prise par une assemblée des militants qui est souveraine en la matière», résume Emilie Flamand, députée et présidente des Verts genevois. Mais elle estime d’ores et déjà qu’on est en face d’un «référendum kamikaze», dont rien de bon ne saurait sortir.
Menace de durcissement
Au PS c’est aussi la base qui tranchera. Avec une différence: le groupe socialiste au Grand Conseil avait combattu la loi, essayant d’en revenir aux termes de l’accord qui avait été conclu entre le Cartel intersyndical et le Conseil d’Etat. Reste que, selon Roger Deneys, chef de groupe de la fraction rose au parlement cantonal, la base de son parti devrait être sensible à ceux qui crient casse-cou et craignent, en cas de refus de la loi, un durcissement supplémentaire de cette dernière au détriment des fonctionnaires.
De fait, Pierre Weiss, député du PLR, brandit effectivement la menace de remettre en cause le principe qui voit l’Etat assumer deux tiers des cotisations sociales, la possibilité de partir en retraite anticipée en cas de pénibilité du travail ou encore le recul de l’âge pivot de la retraite. «Et je planche sur un système qui mettrait les retraités à contribution via une contribution de solidarité, comme cela est prévu dans le cadre de l’assainissement de la caisse de pension jurassienne.»
Lecture du vote
Des déclarations qui n’étonnent pas Eric Decarro, militant du SSP-VPOD: «C’est du chantage pur et simple. Sii nous gagnons ce référendum, il sera de la responsabilité du Conseil d’Etat, qui est singulièrement passif dans cette affaire, de prendre acte de l’avis exprimé par le peuple.» Pour Eric Decarro, la campagne référendaire sera l’occasion de poser la question de la problématique du système de prévoyance suisse. «Le deuxième pilier, basé sur la capitalisation, est forcément ébranlé en période de crise capitaliste, il faut repenser le système.»
Plusieurs projets sont au feu. Solidarités a dans sa besace un projet d’initiative visant à faire coulisser du deuxième au premier pilier une partie des fonds de prévoyance, en passant donc à un système de répartition plutôt que de capitalisation. Selon les calculs de Michel Ducommun, ancien président de la CIA, il serait possible de conserver les droits acquis, et les rentes augmenteraient en moyenne de 28%. Ce texte pourrait être lancé l’année prochaine.
Elargir le front politique
«Cela n’a de sens que si nous parvenons à construire un front politique un tant soit peu élargi», résume Pierre Vanek, permanent de Solidarités. «Mais une telle campagne référendaire est aussi une bonne occasion de poser ces questions et de faire avancer le dossier.» D’autres idées sont en gestation: l’Union syndicale suisse aurait un projet similaire et le Fondation des retraités suisses plancherait, elle aussi, sur un réforme du système de prévoyance, selon Eric Decarro.





