Manif syndicale à Châteauvieux sur fond de bisbilles internes
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ACTION • Un comité de soutien à cinq militants d’Unia récemment condamnés appelle à un rassemblement ce samedi... sans consulter le syndicat.
«Ne laissons pas les patrons arrogants faire la loi!» Un «Comité de soutien aux cinq d’Unia» appelle à manifester, demain à 12h, devant le restaurant de Châteauvieux, à Peney-Dessus dans la campagne genevoise. Cette action fait suite à la récente décision du Tribunal fédéral (TF) de confirmer la condamnation de cinq militants du syndicat pour violation de domicile (notre édition du 3 octobre).
Le chef étoilé Philippe Chevrier avait porté plainte en 2009, à la suite d’une distribution de tracts sur son parking. «Le verdict du TF est lourd de conséquence pour les libertés publiques et le droit d’expression», s’indigne Laurent Tettamanti, organisateur du rassemblement de soutien. La manifestation, qui n’empiètera pas sur le domaine de Châteauvieux, est autorisée.
Mais l’affaire en cache une autre, de l’ordre de la bisbille syndicale. Unia, qui regrette la décision de justice et envisage de porter le cas devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), n’a été ni consulté ni même informé de la manifestation de demain. «Nous sommes surpris qu’un comité de soutien se constitue sans nous concerter», réagit Alessandro Pelizzari, secrétaire régional. «Visiblement, nous ne sommes pas partie prenante de cette manifestation. Cela dit, nous nous réjouissons de constater une mobilisation sur cette préoccupation.» Il ajoute que certains des secrétaires condamnés n’ont pas été mis au courant non plus.
Depuis le tractage de 2009, plusieurs des syndicalistes impliqués ne travaillent en réalité plus pour Unia, voire sont clairement en porte-à-faux avec le syndicat. «Après la décision du TF, ils se sont sentis lâchés par Unia qui a réagi plutôt mollement par un communiqué minimaliste et ambigu», relève Laurent Tettamanti. D’où la décision d’organiser une action sans leur assentiment. Mais le rassemblement de demain est ouvert à tous, précise-t-il.
«Ces propos sont sans fondement, rétorque Alessandro Pelizarri. Unia a déployé dès le début de cette affaire tous les moyens de défense juridique et de soutien individuel pour les cinq inculpés, qu’ils soient encore salariés du syndicat ou pas.» Par ailleurs, il réaffirme la volonté d’Unia de porter l’affaire devant la CEDH et consulte en ce moment des avocats spécialisés. La décision reviendra à la centrale nationale.
Les cinq syndicalistes ont été condamnés à dix jours-amende pour avoir distribué en 2009, sur le parking du restaurant, un tract d’information au sujet des nouveautés de la convention collective de travail de la restauration. Une initiative que n’avait pas du tout goûté le célèbre cuisinier. I





