La ville veut mettre les clubs au pas
- Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires

Nuits lausannoises • Interdiction de vente d’alcool dans les magasins dès 19 h le vendredi et dès 18 h le samedi, limitation de consommation d’alcool sur le domaine public, mesures d’éloignement «notamment pour les dealers»: telles sont les principales pistes annoncées hier par les municipaux Marc Vuilleumier et Grégoire Junod pour renforcer la sécurité nocturne à Lausanne. Un préavis doit être rédigé pour la fin de l’année. La municipalité souhaite une entrée en vigueur au printemps 2013.
Sans surprise, le durcissement des exigences à l’égard des établissements nocturnes sont au cœur de la stratégie municipale. L’«heure de police» est fixée à 3 h du matin, contre 4 h actuellement. Un night-club pourra toutefois ouvrir jusqu’à 5h, pour autant qu’il remplisse plusieurs conditions, à commencer par le paiement d’une taxe et la présence d’un nombre minimal d’agents de sécurité privée, formés par une entreprise désignée par la police. Seront aussi requis le contrôle et l’interdiction des couteaux à l’entrée des établissements et la définition d’un «périmètre de sécurité, de tranquillité et de nettoyage». Si ces conditions sont respectées, la municipalité se dit «disposée» à prolonger les heures d’ouverture jusqu’à 6 h, sous réserve que l’alcool ne soit plus servi «à partir d’une certaine heure».
Autant dire que, pour se mettre à la page, les clubs devront délier leur bourse. «Si les mesures sont appliquées telles quelles, les petites structures vont sérieusement en pâtir», prédit un tenancier, qui voit mal comment s’offrir «une armée de videurs». Surtout, une limitation à 3 h obérerait une partie importante du chiffre d’affaires. «Une heure en moins, c’est comme d’exiger des bistrots qu’ils ne servent pas à midi», compare notre interlocuteur. «Les gens qui sortent à 2 h du matin ne vont pas aller dans un club qui ferme à 3 h», appuie Thierry Wegmüller. Patron de plusieurs établissements et président de l’association Pool Lausanne la Nuit, il note que «beaucoup de clubs se posent la question de leur viabilité». De fait, «un certain nombre d’établissements pourraient fermer», reconnaît Marc Vuilleumier, municipal en charge de la police du commerce.
Sur le plan politique, l’annonce d’hier est accueillie positivement par la droite, alors que le PS applaudit. Secrétaire général de l’UDC, Claude-Alain Voiblet salue «un virage à 180°» en matière de sécurité: «Nous pouvons soutenir presque toutes les propositions qui ont été faites.» Le Parti libéral-radical lausannois (PLRL) «met en doute l’efficacité d’une heure de police ramenée à 3 h», tout en se félicitant d’une possible prolongation des heures d’ouverture à 6 h.
Il relève aussi «un certain flou» sur l’interdiction de boire de l’alcool dans la rue. Et Nicolas Gillard, président du PLRL, de souligner une dérive possible: «Dès lors qu’on laisse à la municipalité la capacité de déterminer quels périmètres pourraient être exclus, il y a un risque d’arbitraire, du moins de sélection inappropriée.»





