Jeudi, 23 mai 2013

Le parascolaire fait face à une demande colossale

MERCREDI 31 OCTOBRE 2012
Avant d’inaugurer sa cantine, l’école des Vollandes, à l’instar de nombreux autres établissements du canton, était contrainte d’envoyer ses élèves dans d’autres écoles du quartier pour les repas de midi.
JEAN-PATRICK DI SILVESTRO

INAUGURATION • Un nouveau restaurant scolaire a été aménagé aux Eaux-Vives. La Ville veut mettre l’accent sur la qualité de l’accueil.

Le maire de Genève, Rémy Pagani, et la conseillère administrative chargée de la cohésion sociale et de la solidarité, Esther Alder, ont inauguré hier matin les nouveaux locaux des cuisines scolaires et du parascolaire des écoles des Vollandes et de Montchoisy. Cette nouvelle structure offre ainsi nonante places supplémentaires. Depuis la rentrée, ce sont plus de trois cents places en restaurant scolaire qui ont été aménagées par la Ville de Genève. Un bol d’air pour le système parascolaire qui reste toutefois en sous-capacité face à une demande qui explose.
A l’instar de nombreux autres établissements du canton, l’école des Vollandes était contrainte d’envoyer ses élèves dans d’autres écoles du quartier pour les repas de midi. Une situation inconfortable, qui diminuait notamment le temps alloué aux activités parascolaires. De plus, il n’était plus possible de répondre à la demande des cent vingt inscrits pour l’accueil de l’après-midi, de 16h à 18h.
L’aménagement de ces nouveaux locaux répond à cette pénurie. Le tout dans un espace lumineux, coloré, conçu pour le bien-être de ses usagers. «Cela correspond à une de mes priorités: mettre désormais l’accent sur la qualité de l’accueil offert aux enfants», explique Esther Alder.

D’autres projets lancés
Ces locaux sont aussi destinés aux habitants puisque leurs espaces, modulables, peuvent s’adapter aux besoins de la collectivité.
Cette inauguration s’inscrit dans une volonté claire d’Esther Alder de créer davantage de places pour le parascolaire. «Celui-ci est resté trop longtemps le parent pauvre du service public.» Selon elle, la loi sur l’accueil continu des élèves, acceptée par le peuple en novembre 2010, légitime une amélioration de la politique dans ce domaine.
En Ville, cette tendance ne devrait pas faiblir, avec la création prévue de nombreuses autres places à Chandieu, sur le site d’Artamis et à Geisendorf. «Nous avons également le projet de construire un nouveau restaurant à l’école des Cropettes, ajoute la magistrate. Actuellement, les enfants y mangent au sous-sol, dans des locaux obsolètes et mal insonorisés.»

Deux millions investis
Tous ces aménagements ont bien sûr un coût. Celui de Vollandes-Montchoisy s’élève à près de 2 millions de francs. Dès lors, quel financement pour ces projets? Lors de son entrée en fonction, Esther Alder évoquait la possibilité d’augmenter la participation des parents. Une solution qu’elle exclut désormais: «C’est un investissement assumé par toute la collectivité. Grâce à des locaux polyvalents, nous répondons à plusieurs besoins, notamment pour les activités liées au sport ou à la musique.»
Les efforts de la Ville sont salués par Nicolas Diserens, le directeur du service parascolaire au Groupement intercommunal pour l’animation parascolaire (GIAP). Les autres communes du canton ne seraient pas toutes aussi actives. La situation préoccupante du parascolaire dans le canton avait été soulignée, l’année dernière, dans un rapport commandé par le GIAP. Celui-là montrait clairement l’augmentation significative de la demande des familles genevoises.

Adaptation nécessaire
En 1999, quatre mille sept cents enfants fréquentaient les restaurants scolaires et deux mille l’accueil de l’après-midi. En 2012, ces chiffres s’élèvent respectivement à douze mille cinq cents et cinq mille cinq cents. «Alors qu’auparavant la fréquence d’accueil des enfants était d’une à deux fois par semaine, aujourd’hui elle est de trois à quatre fois», explique Nicolas Diserens. En plus de répondre aux besoins actuels, les communes doivent également s’atteler à ceux de demain.
Avec une augmentation de plus de 10% par année, cette demande représente un défi de taille pour le GIAP. Par exemple, le nombre d’employés, qu’Esther Alder espère les mieux formés possible, devra augmenter en conséquence. Nicolas Diserens estime qu’il faudrait recruter jusqu’à cent quatre-vingts personnes supplémentaires par année pour maintenir la qualité de l’accueil. Et avec l’instauration du mercredi matin à l’école, le parascolaire n’a pas fini de devoir s’adapter.

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