Mercredi, 19 juin 2013

Cour des comptes: Indignation!

MERCREDI 31 OCTOBRE 2012

ON NOUS ÉCRIT
GENÈVE • Dans l’affaire de la Cour des comptes, Valentina Hemmeler Maïga juge l’attitude de certains partis gouvernementaux irresponsable et prompte à discréditer les institutions.
par Valentina Hemmeler Maïga

Pour la première fois depuis vingt ans, je m’abstiendrai lors de l’élection à la Cour des comptes.
Cette saga donne la nausée. Et une grande part des partis gouvernementaux en sont responsables.
J’ai voté Daniel Devaud présenté en son temps comme un homme intègre, compétent. Ce qu’aujourd’hui personne ne semble contester; que ce soit les partis, l’ensemble de la presse, les citoyen-ne-s. Certains diront qu’il est un homme difficile à gérer dans une équipe. C’est possible, je ne le connais pas.
Ce qui est inadmissible, c’est qu’un magistrat en vienne à balancer un seau d’eau à la figure de son collègue et s’en explique par presse interposée en confirmant que ce geste était prémédité. La Cour est-elle un bac à sable? C’est lamentable.
D’autant plus pitoyable est l’attitude des partis qui ont refusé de diligenter une enquête alors qu’ils représentent l’organe de surveillance de la Cour. Ceci alors qu’au delà des problèmes relationnels entre magistrats, de très forts soupçons de dysfonctionnement planent depuis longtemps sur cette Cour. Dysfonctionnements dénoncés à plusieurs reprises par M.Devaud. Des rapports qui pourraient mettre en cause certaines personnes bien placées sont bloqués dans les tiroirs. Indisponibles jusqu’à l’élection de la prochaine Cour...
Le bureau de Daniel Devaud est mis sous scellés par Monsieur le Procureur général en personne sous prétexte que le magistrat a transmis un rapport à son organe de surveillance pour tenter d’éclairer toute cette affaire. Violation du secret de fonction? J’en doute.
En tant que citoyenne, quelle doit être mon attitude?
Entre la Constituante qui a passé près de deux ans à faire du théâtre de Guignol, puis à confisquer la négociation au sein même de son organe par son fameux processus estival de convergence en 2011, et les zones d’ombres de la Cour des comptes, il y a de quoi douter de nos institutions.
Cette attitude irresponsable de certains partis est désolante. Elle ne fait que creuser le fossé entre les citoyen-ne-s et leurs élu-e-s par lesquels ils se sentent de moins en moins représentés. D’où le taux d’abstention croissant. Alors, Mesdames et Messieurs les élu-e-s de tous bords, réveillez-vous, grandissez et prenez vos responsabilités.
Valentina Hemmeler Maïga,
Les Acacias, Genève.

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