Dimanche, 19 mai 2013

Le Likoud de Netanyahou s’allie au parti de droite Ysrael Beitenou

SAMEDI 27 OCTOBRE 2012

israël • Le Likoud et les russophones d’Ysrael Beitenou vont présenter une liste électorale commune aux prochaines législatives. De quoi bouleverser la carte politique.
 

Coup de théâtre sur la scène politique israélienne: le Likoud et les russophones de Ysrael Beitenou vont présenter une liste électorale commune aux prochaines législatives

Durant une conférence de presse inopinée jeudi soir à Jérusalem Benyamin Netanyahou – au nom du Likoud – et Avigdor Lieberman – leader du parti russophone Ysrael Beitenou – ont annoncé qu’ils allaient unir leurs forces en présentant une seule liste électorale aux législatives du 22 janvier 2013. S’agit-il d’une fusion des deux formations de droite? En tout cas le rapprochement qui s’opère boulverse déjà la carte politique d’Israël. En effet des instituts de sondage d’opinion créditent ce bloc de droite d’une cinquantaine de mandats parlementaires (sur les 120 de la Knesset).
Avigdor Lieberman devait s’expliquer hier. Il a d’abord démenti les rumeurs sur une éventuelle rotation à la tête du Gouvernement israélien, entre Netanyahou et lui-même. Il a ensuite révélé avoir reçu le soutien de nombreux cadres du Likoud – sans doute issus de l’aile nationaliste. Avant de créer Ysrael Beitenou à l’intention des immigrants de l’ex-URSS, Lieberman était un membre influent du Likoud. Il y a conservé de sérieux appuis. Dans cette nouvelle constellation il deviendra de facto le numéro 2. En espérant sans doute qu’un jour le numéro 1 (Netanyahou) se retire de la vie politique, lui ouvrant la voie vers le poste de premier ministre
Cependant  Avigdor Lieberman traîne depuis des années une enquête de police contre lui, comme une boulet. Le conseiller juridique du gouvernement doit décider tôt ou tard s’il y a lieu d’entamer une procédure judiciaire. Il est soupçonné d’avoir déposé illégalement un ou deux millions de dollars dans une banque chypriote. La police voudrait connaître la provenance de cet argent, mais Lieberman refuse de répondre à toute question à ce sujet.
Les libéraux ou les séfarades du Likoud – des minorités agissantes – grincent des dents. Ils voient d’un mauvais œil ce rapprochement en gestation. Ils  menacent de ne plus accorder leur confiance au Likoud. Les séfarades de voter pour le parti religieux Shas, les libéraux de voter en faveur de la liste de l’ex-journaliste Yair Lapid.

L’annonce du regroupement Likoud-Yisrael Beitenou a déjà eu pour effet d’inciter les formations politiques du centre – centre droit et centre gauche – à envisager de fusionner. Mais des querelles de personnes viennent s’opposer à ces projets d’union. Yair Lapid veut rester «indépendant», dit-il. Quant au Parti travailliste, il a proposé à Tsipi Livni, l’ancienne dirigeante du parti centriste Kadima, de rejoindre ses rangs, mais, de toute évidence, elle hésite encore. Shaoul Mofaz, l’actuel leader de Kadima, se dit prêt à laisser sa place au profit de l’ex-premier ministre Ehoud Olmert, mais ce dernier n’a toujours pas décidé d’un retour à la vie politique.

Echapper au chantage
Le regroupement Likoud- Ysrael Beitenou fait la «une» de la presse israélienne. Les éditorialistes lui consacrent l’essentiel de leurs commentaires. Chacun y va de son interprétation. Certains estiment que Benyamin Netanyahou a voulu surtout échapper au «chantage»  permanent des petites formations religieuses, d’autres mettent au contraire l’accent sur la situation au Moyen-Orient pour expliquer, voire justifier, l’union des deux grands partis de droite israéliens. C’est ainsi que le quotidien de référence «Haaretz» écrit: «Le premier ministre Benyamin Netanyahou va former avec Ysrael Beitenou un cabinet de guerre (après les élections législatives), qui conduira à l’affrontement avec l’Iran.» I

 
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