Samedi, 25 mai 2013

Un frein au péril des épizooties

MARDI 23 OCTOBRE 2012

Votation fédérale • Le Conseil fédéral insiste sur la prévention pour appuyer la révision de la loi sur les épidémies animales. Question vaccination, «rien ne change».

«Le 25 novembre, on vote. Et comme c’est le cas pour chaque scrutin, c’est important.» Johann Schneider-Ammann avait de la peine à retenir l’attention d’une poignée de journalistes hier, en entrant dans l’arène pour défendre la modification de la loi sur les épizooties.

Le Conseil fédéral et le parlement recommandent de l’accepter. Seul un comité référendaire composé de naturopathes ou de paysans bio, surtout alémaniques, s’y oppose. Résultat: le peuple est appelé aux urnes pour trancher. Et puisque le triple référendum sur les accords fiscaux n’a pas abouti, ce sera l’unique objet du vote. On connaît déjà le vainqueur: l’abstentionnisme!

La vaccination fait peur
Mais revenons à nos moutons, vaches, chevaux, poulets, ou toute autre espèce animale sujette aux épidémies. Les opposants à la révision de la loi y voient une ouverture à la vaccination obligatoire des animaux. Le ministre de l’Economie, également en charge des questions agricoles, l’a répété au moins cinq fois hier: «La loi modifiée ne changera rien à la pratique actuelle en matière de vaccination du cheptel.»

«Si nécessaire, il est déjà possible de mener une campagne de vaccination obligatoire», explicite Hans Wyss, directeur de l’Office vétérinaire fédéral (OFV). Le cas s’est produit récemment. En 2008, 2009 et 2010, c’est en s’appuyant sur la loi sur l’agriculture que l’OFV a pu obliger tous les éleveurs à vacciner leurs vaches contre la maladie de la langue bleue. Avec succès: en 2008, la Suisse n’a compté que quelques dizaines de cas, contre plus de 30 000 en France où la vaccination n’était pas obligatoire

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Mais alors pourquoi modifier la loi? Pour Hans Wyss, cela permettrait de faciliter l’achat de vaccins. Lorsqu’il a fallu combattre la langue bleue, ce sont les fédérations d’élevage de vaches tachetées rouges qui ont acheté les vaccins, puis la Confédération a dû les rembourser. «Ce genre d’achat doit se faire vite, il n’y en a pas pour tout le monde. Et cela prend du temps de persuader 26 cantons à entrer en matière», narre le directeur de l’OFV.

Maladies importées
Mais, on l’a bien compris, Johann Schneider-Ammann ne veut pas insister sur la vaccination. L’argument prioritaire du Conseil fédéral, c’est la prévention. Et le ministre de se remémorer les années 1960 où, dans la campagne bernoise, son père vétérinaire a été confronté à une épidémie de fièvre aphteuse.
Il cite aussi la menace représentée par des maladies importées d’autres continents. La grippe aviaire née en Asie, mais aussi la peste équine africaine qui pourrait décimer tous les chevaux de Suisse, avertit le libéral-radical.

Autre exemple: la fièvre du Nil occidental cause les pires ravages actuellement au Texas. L’épidémie se transmet à l’être humain et plusieurs dizaines de personnes ont déjà succombé des suites d’une méningite. A Dallas, il faut désinfecter plusieurs quartiers de la ville. «Je ne veux pas créer la panique, poursuit Johann Schneider-Ammann, mais il est important d’avoir un plan de lutte efficace pour faire face à tous les risques.»

La révision de la loi sur les épizooties mise surtout sur la détection précoce et la surveillance. «La Suisse dispose d’un cheptel en bonne santé en comparaison internationale. Il faut veiller à conserver cela», plaide le conseiller fédéral. La Confédération aurait ainsi un rôle prépondérant dans la mise en œuvre et le financement de mesures de prévention.

Et puisqu’il faut quand même aussi parler de vaccination, on notera que cette adaptation légale autorise Berne à acheter rapidement des vaccins et, lorsque la situation l’impose, à les distribuer gratuitement ou à prix réduit.

 
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