Mercredi, 19 juin 2013

Prangins, un «pôle de référence» en devenir pour le géant Novartis

SAMEDI 20 OCTOBRE 2012

PHARMA • Voué à la fermeture il y a un an, le site a relancé sa production.  Son unité de recherche et développement a été entièrement modernisée.
 

Voué à la fermeture il y a à peine un an, le site Novartis de Nyon-Prangins est désormais en passe de devenir «un des pôles de référence en Suisse» du groupe pharmaceutique. C’est le message répété hier par ses dirigeants, venus inaugurer une nouvelle unité de recherche et développement et de contrôle qualité (lire ci-contre). Le renforcement de ce secteur constitue la première étape du plan de modernisation, dont l’adoption, en janvier dernier, a permis le sauvetage de l’usine. Président de Novartis Suisse, Pascal Brenneisen a confirmé la volonté du groupe de déployer, sur cinq ans, 40 millions de francs «pour améliorer durablement la rentabilité du site». Ces investissements sont destinés à renforcer ses capacités de production dans ce qui constitue la spécialité de Prangins: les liquides et les semi-solides (gels, crèmes) de la catégorie OTC (médicaments vendus sans ordonnance).
Après neuf mois, la relance de l’activité donne déjà des signes tangibles. Le volume de production a ainsi progressé de 12 à 15% en comparaison avec 2011. «Cette forte croissance est fondamentale, sachant que le ratio volume/coût de production était une des conditions de base pour le maintien de la production sur le site», a rappelé son directeur, Erick Reinartz. Novartis fait état d’une progression des ventes de médicaments OTC aux USA, en Chine et en Russie. La mise sur le marché, en mai, de la nouvelle déclinaison d’un produit phare, l’anti-inflammatoire Voltaren, a également contribué à cette croissance.
Tous médicaments confondus, Prangins fabrique dorénavant 200 millions d’unités par an. A partir du 2e semestre 2013,
37 millions d’unités supplémentaires pourront être assurées, avec le rapatriement de productions réalisées par des tiers. Corollaire de cette expansion, de nouveaux effectifs ont été embauchés: de 660 fin 2011, le nombre d’employés devrait passer à 780 d’ici mars 2013. A noter que parmi eux figurent plusieurs ex-salariés de Merck-Serono à Genève.

Projet de développement
Les engagements concernent principalement la production. Une partie des nouvelles recrues vient aussi compléter les
14 équipes chargées du projet de développement. Trois millions de francs ont déjà été débloqués pour sa mise en œuvre.
Ce plan a été conçu sur la base des travaux réalisés lors de la consultation menée entre octobre et décembre 2011. Phase durant laquelle les employés de Prangins s’étaient fortement impliqués pour élaborer des pistes de développement. La direction de Novartis reconnaît leur efficacité. «Une des clés de notre succès sera d’utiliser au mieux cet engagement collectif pour définir l’avenir du site», a insisté Erick Reinhartz. Rappelons que la contribution du personnel passe aussi par un allongement du temps de travail (de 37,5 à 40 heures hebdomadaires) sans compensation de salaire.

Etats-Unis dans le viseur
La prochaine étape se jouera en décembre. Le comité exécutif de Novartis doit valider les investissements prévus pour l’outil de production. Ces réalisations doivent permettre aux infrastructures de Prangins de répondre aux standards de la Food and Drug Administration (FDA). L’objectif étant, à plus long terme, d’obtenir l’homologation du site par l’agence chargée des autorisations de mise sur le marché des médicaments aux Etats-Unis et dans plusieurs pays. I

 
Le Courrier
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