Les HUG écartent le favori belge
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HÔPITAL • Les prétentions salariales du pneumologue étaient trop élevées. Les deux autres candidats à la direction seront auditionnés prochainement.
Les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) ne connaissent toujours pas le nom du ou de la successeur-e de Bernard Gruson, à la direction générale. En revanche, le nouveau Conseil d’administration, qui se réunissait hier pour la première fois, a d’ores et déjà écarté le favori du concours. Le pneumologue belge Marc Noppen, qui figurait en bonne place dans la liste de trois candidats retenus par le comité de sélection, a été écarté.
Les deux autres prétendants seront auditionnés par le Conseil, qui souhaite affiner son choix, lors d’une séance ultérieure. Il s’agit de Brigitte Rorive Feytmans, directrice de l’analyse médico-économique des HUG, et de Betrand Levrat, directeur de l’Hospice général.
La nationalité «pas abordée»
La candidature du professeur Noppen n’a pas été retenue «pour des raisons économiques», indique Michel Halpérin, nouveau président des HUG. «Ses prétentions salariales étaient trop élevées au regard des pratiques locales.» Il ne confirme pas le montant de 600 000 francs annuels, évoqué dans les médias, mais ne le dément pas pour autant.
C’est le député MCG Eric Stauffer qui avait allumé la mèche, en révélant le nom et l’origine du favori du comité de sélection, ainsi que le salaire demandé. Membre du Conseil d’administration des HUG, l’élu fanfaronne aujourd’hui. «Exit le Belge!» lâche-t-il, satisfait que le candidat «étranger et résident à l’étranger» ait été exclu, même si la question de sa nationalité «n’a pas été abordée». «Pas un mot n’a été dit à ce sujet», confirme Michel Halpérin.
En arrière-fond, cette décision s’inscrit pourtant bien dans la foulée du refus par le Grand Conseil, la semaine passée, d’autoriser à des étrangers de siéger au Conseil d’administration des Transports publics genevois (TPG), estime le leader du MCG. Mais la question du salaire a suffi, hier, à rendre Marc Noppen indésirable aux yeux de treize administrateurs sur quinze.
Pour beaucoup d’observateurs, il aurait été incompréhensible d’engager une personne à ce tarif, alors que l’Hôpital cantonal se prépare à un nouveau plan d’économie (lire ci-contre). «C’est un minimum de sagesse quand on s’apprête à demander des efforts insupportables au personnel des HUG et à la population», réagit Manuela Cattani, du syndicat SIT. «Le Conseil d’administration arrête au moins de friser l’indécence.»
«Dame Victoria» inquiète
Quant aux deux candidats restants, la syndicaliste refuse de se prononcer à ce stade. Brigitte Rorive Feytmans suscite toutefois des inquiétudes dans le monde syndical, pour le rôle majeur qu’elle joué dans la mise en œuvre du plan d’économies «Victoria», dès 2007. «Mais si l’autre candidat (Bertrand Levrat, ndlr) reprend à son compte les nouvelles coupes annoncées, c’est bonnet blanc, blanc bonnet.»
Le Conseil d’administration, de son côté, a salué le «travail approfondi» du comité de sélection. Les deux concurrents encore en lice sont considérés comme des candidatures solides. On peut se demander, en revanche, pourquoi le comité avait retenu une personne aux prétentions salariales trop élevées. Membre de ce comité et du Conseil d’administration, Pierre-Alain Schneider justifie: «On ne nous a pas demandé de choisir selon un critère qualité-prix, mais de juger des meilleures compétences. Par ailleurs, tout est relatif. Si un patron permet de faire tourner la baraque et de faire des économies, est-il réellement trop cher?» I
Un plan d’économies à 75 millions
Après «Victoria», programme d’«efficience» qui avait conduit à la suppression de 350 postes de travail dès 2007, les HUG reviennent à la charge. Un nouveau plan d’économies de 75 millions de francs sur trois ans, intitulé «performance», a été présenté aux partenaires sociaux. La direction confirme que 120 postes ne seront pas repourvus en 2013. Pour 2014-2015, aucun chiffre n’est avancé. Le plan doit encore être avalisé par le Conseil d’administration dans le cadre du budget 2013. Dans un tract diffusé hier, le Syndicat des services publics évoque la perte de 600 postes sur trois ans. Le SIT reste prudent avec les chiffres au vu de la présentation «brumeuse» de la direction. «Des calculs plus approfondis sont nécessaires, mais on parle d’au moins 300 postes», relève Manuela Cattani. Un plan d’économies à 75 millions Cinquante lits seront fermés à l’horizon 2015, ajoute Bernard Gruson, directeur général. Le service de sexologie devrait être supprimé et le planning familial redimensionné. Toutefois, l’essentiel des postes non-repourvus concerne l’administration et la logistique, précise le directeur. «L’Hôpital est sous pression en raison de la stagnation de sa subvention et de la pression tarifaire des assureurs», explique-t-il. Des mesures inacceptables aux yeux des syndicats. Le SIT et le SSP vont se rencontrer prochainement pour envisager des mesures de lutte. mti





