L’hôpital s’évite l’indécence
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Fin de la polémique sur la succession du directeur de l’Hôpital cantonal Bernard Gruson. Hier, le nouveau Conseil d’administration a refusé de crever le plafond et a écarté la candidature du professeur belge Marc Noppen. Celui-ci aurait demandé un salaire de 600 000 francs. Le signal est bienvenu, car les espoirs placés dans des managers providentiels qu’il faudrait payer grassement ne sont qu’illusions. Et il est absurde de penser que la bonne marche d’un mastodonte comme l’Hôpital dépendrait d’une seule personne.
Pour conserver la qualité de ce pôle régional, le Conseil d’administration serait surtout inspiré d’arrêter de mettre le personnel sous pression, car c’est lui qui fait tourner la machine. Or, même moins payé, le lauréat sera justement chargé de mettre en vigueur un second train d’économies.
Dans ce contexte, choisir un chef payé encore plus royalement que l’actuel aurait été incompréhensible. Comme l’a été le voyage offert aux membres du précédent Conseil d’administration. Un cadeau choquant pour le symbole qu’il représente, car le montant (40 000 francs en tout) reste relativement faible.
Le professeur belge n’était pas seulement jugé comme un luxe. Il cumulait une autre «tare», du moins aux yeux du MCG, dont le tribun populiste Eric Stauffer avait révélé la candidature: sa nationalité. Le Conseil d’administration n’a pas discuté de cet aspect, s’évitant un débat qui a dégénéré la semaine passée au Grand Conseil, au sujet des TPG cette fois. Vendredi dernier, le parlement refusait de modifier la loi sur la gouvernance des Transports publics, tenant à empêcher l’accès de son Conseil à des étrangers, fussent-ils résidents genevois.
Pour une majorité du PLR, alliée au bloc populiste MCG-UDC, il ne s’agissait pas de punir les étrangers, mais de rendre la monnaie de sa pièce au Conseil d’Etat, en la personne de Michèle Künzler, qui avait tenté de modifier la loi en catimini afin de placer à la tête des TPG le patron de la Migros Guy Vibourel. Les députés n’ont pas apprécié d’être pris pour des pives, même si aucune de ces lumières, à gauche comme à droite, n’a relevé la vraie imposture: une élue Verte s’acoquinant à un défenseur de la voiture pour le prétendu bien de la mobilité douce.
A cette occasion, le MCG s’est illustré quand l’un des siens a laissé entendre que les TPG seraient mieux dirigés par un manager venu de Zurich plutôt que par un Français travaillant depuis des décennies à Genève. Au final, ce sont bien les étrangers qui ont été sanctionnés.
Un dogmatisme ridicule et qui a souligné l’ambiguïté du MCG. Jusque-là, le parti avait pris soin de prôner la préférence aux «résidents». Il défend désormais ouvertement la préférence aux nationaux... Son alliance électorale avec l’UDC est bien un mariage d’amour.





