Les policiers lausannois veulent une croissance continue des effectifs
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ATTENTES • L’association professionnelle demande 30 agents de plus d’ici à 2016, en plus des 60 voulus par la municipalité. Et 80 de plus pour les années suivantes.
Traditionnellement discrète, l’Association des fonctionnaires de police de Lausanne (AFPL), sort du bois. Hier, elle réunissait la presse pour réclamer une hausse des effectifs plus forte que celle déjà engagée par la municipalité. Cette dernière annonce la formation et l’engagement de 60 policiers pour 2011-2016. La première moitié est inscrite au budget 2013 et entrera en fonction en 2014.
La seconde moitié – dont l’entrée en fonction n’est pas précisée par l’exécutif – doit être prête en 2015, demande l’AFPL. Et, en 2016, un nouveau contigent de 30 agents devra à son tour arriver. Mais l’association ne s’arrête pas là. Dès 2017, elle souhaite que huitante nouveaux policiers soit engagés par paliers. Total final: 165 nouveaux postes, soit 40% de plus que l’effectif actuel (435 postes). Ce chiffre de 165, l’AFPL ne le sort pas de son chapeau, mais de «l’outil d’analyse des besoins sécuritaires» élaboré par l’Ecole des sciences criminelles de l’Université de Lausanne pour la réforme policière canton-communes. C’est donc le chiffre officiel du sous-effectif lausannois.
Beaucoup de démissions
Tout cela doit se faire en plus du remplacement normal des retraite et des départs. Rien que pour 2012, le nombre de démissions atteint un record de 28, soit autant que pour 2010 et 2011 réunies. «Un ensemble de facteurs» explique ce phénomène, selon le président de l’AFPL, Jean-Denis Geinoz. La hausse de la criminalité, des interventions de police-secours, les rassemblements hostiles aux sorties de boîtes de nuit, etc. A ses débuts il y a un an, il a trouvé une police «en piteux état», car «les policiers sont mis en danger, peu considérés et démotivés».
Pourtant, le champ d’action de l’AFPL est balisé. La municipalité retoucherait le règlement général de police pour mieux contenir les nuits lausannoises agitées? «Ce n’est pas à notre association de se prononcer», avertit Thierry Liniger, vice-président et inspecteur à la police judiciaire. En revanche, l’AFPL défendra l’existence même de la police judiciaire, que la municipalité met sur la table des négociations avec le canton, qui pourrait à terme l’absorber. «La PJ, c’est un corps transversal qui connaît bien Lausanne, explique Thierry Liniger. Tous ses inspecteurs ont travaillé auparavant comme agent de police-secours à Lausanne.»
Revendication légitime
La rocade entre Marc Vuilleumier et Grégoire Junod à la tête de la police? Pourvu que le courant continue à passer, espère Claude Salsac, policier de proximité et membre du comité: «Nous avons été très étonnés, nous avons eu de bons contacts avec M. Vuilleumier. Notre première attente, c’est de garder les mêmes bons contacts avec M. Junod.»
Justement, Gégoire Junod réagit à la demande des effectifs supplémentaires: «C’est une revendication attendue et légitime.» Le socialiste rappelle «l’effort important» consenti par la ville: «Si la police cantonale faisait un effort comparable, elle engagerait
300 agents de plus.» Mais il insiste sur le travail parallèle engagé sur les «simplifications de procédures» avec le canton et sur les «mesures d’organisation». Devant la presse, Claude Salsac lui répondait d’avance: c’est impossible de toucher à l’organisation sans nouveaux effectifs, le corps de police étant coincé par la surcharge de travail (45 000 heures supplémentaires, soit l’équivalent de 25 postes). Grégoire Junod se montre sceptique devant cette afirmation: une autre organisation peut aussi libérer des effectifs, promet-il de démontrer. I





