Mercredi, 22 mai 2013

Campagne «LOVE LIFE»: la prévention sur la touche

MERCREDI 17 OCTOBRE 2012

IST-VIH • L’accent est mis sur la nécessité pour les personnes infectées d’informer leur partenaire plutôt que sur le préservatif. Est-ce justifié?

«Vous ne pourrez pas lui cacher éternellement», «peu importe comment, mais dites-le». Au centre de la nouvelle campagne lancée lundi par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) sur les infections sexuellement transmissibles (IST) et le VIH, la notification au partenaire. Objectif: sensibiliser et aider les personnes atteintes du VIH, de la syphilis ou de toute autre maladie sexuellement transmissible, à informer leur(s) partenaire(s). Et ce afin d’éviter la propagation en chaîne par négligence. Après 2011, le message de protection n’est plus, pour la deuxième année consécutive, au centre de la campagne de prévention «LOVE LIFE» de l’OFSP. Pourquoi ce changement d’angle d’attaque? L’appel à la protection lors d’un rapport est-il encore efficace?
«Tout d’abord, cette campagne est la deuxième étape de la direction prise l’an dernier. Ensuite, il s’agit ici d’ajouter un nouveau message aux précédents, en gardant le fil rouge de ces vingt-cinq dernières années qu’est le port du préservatif. N’oublions pas que nous ne pouvons pas communiquer sur plusieurs sujets en même temps», justifie Roger Staub, responsable de la section de promotion et prévention à l’OFSP. Il souligne que les personnes infectées sont souvent déboussolées et ne savent pas comment agir face à leur partenaire. Ainsi, l’OFSP souhaite également sensibiliser les médecins pour qu’ils puissent les orienter.

Maladies infectieuses en augmentation
En 2011, la communication avait été élargie du VIH à toutes les infections sexuellement transmissibles. «Depuis 2005, les maladies infectieuses sont en constante augmentation. Mais elle n’est toutefois pas dramatique», explique Roger Staub. Le but était alors d’amener les personnes en proie à des brûlures ou à des démangeaisons autour des organes génitaux à en parler à leur médecin.
En 2012, les trois règles de base – pas de pénétration sans préservatif, pas de sperme ni de sang dans la bouche, et en cas d’écoulement, de démangeaisons ou de brûlures, s’adresser à un médecin – sont rappelées, mais ne sont pas sous la loupe. En plus des séquences publicitaires diffusées à la télévision et des affiches, le site check-your-lovelife.ch offre la possibilité aux personnes atteintes d’une IST de l’annoncer à leur(s) partenaire(s). A l’aide d’une lettre, d’un SMS ou d’un courriel prérédigés, celles-ci peuvent, anonymement ou non, notifier les dernières personnes avec qui elles ont eu un rapport sexuel à risque.
La nécessité de se diversifier est soulignée par tous nos interlocuteurs. Pour le président de la Fédération suisse des médecins, Jacques de Haller, «cette alternance permet de récupérer ceux qui passent entre les mailles du filet de la prévention».
Jean-Philippe Cand, chef de service du Centre de compétences pour la prévention VIH-IST dans le canton de Vaud, estime que «la prévention basée sur le préservatif doit être relayée maintenant par d’autres approches que promeut cette nouvelle campagne, car la représentation du VIH a changé». Ainsi, Roger Staub considère que l’opération 2012 fait sens, puisque le préservatif ne protège pas aussi bien des autres IST que du VIH. Par ailleurs, la transmission est beaucoup plus facile dans les premiers jours d’infection et les IST favorisent la contraction du VIH – de par les lésions qu’elles provoquent.

Manque d’argent
Mais est-ce réellement efficace d’aborder un sujet aussi intime à grande échelle, considérant que l’annonce d’une telle infection peut signifier une rupture de confiance dans une relation amoureuse? «En termes de santé publique, il est certain que s’il y a un avertissement du partenaire, la transmission peut être évitée. C’est pourquoi cet outil supplémentaire vaut la peine d’être testé. Parfois la sensibilisation met la puce à l’oreille et permet de faire changer les comportements», affirme Jean-Philippe Cand.
Philippe Morel, chirurgien aux HUG et député au Grand Conseil genevois, déplore le peu d’argent octroyé à la prévention: «Deux millions pour une telle campagne me paraissent peu étant donné le coût d’un patient. Il vaut toujours mieux prévenir que guérir, mais la Confédération n’accorde que 2% du budget de la santé à la prévention ...» I

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Campagne LOVE LIFE: fin de l’envoi par SMS

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