Sur l’écran de Lo’Jo
- Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires

DISQUE • LO’JO, «CINÉMA EL MUNDO»
Il est de ces albums qui arrivent comme des respirations dans notre monde hyperactif, hyperconsommant, hyperglobalisant. Aujourd’hui, ce bol d’air nous vient d’un «vieux» groupe originaire d’Angers, dont le nom annonce d’emblée une trajectoire atypique. Lo’Jo est une onomatopée qui rassemble depuis plus de trente ans des musiciens bohèmes vivant la musique à leur rythme et celui de leurs pérégrinations musicales. Il y a d’abord eu un penchant immodéré pour les musiques de cirque et de rue, puis pour les voyages qui les ont emmenés du Sahara à la Géorgie. Et depuis toujours une curiosité, une volonté farouche de partager, d’échanger, de vivre différemment. Des indignés d’avant l’heure. Trente ans de carrière, donc, et quinze albums, chacun avec ses lumières, son approche originale. Et aujourd’hui Cinéma El Mundo, qui synthétise le meilleur de leurs attraits. Les invités y sont prestigieux, mais surtout – et c’est le plus important – parfaitement intégrés au projet. Robert Wyatt récite un texte en introduction, Ibrahim (de Tinariwen) croise le Mauricien Lelou Menwar dans un improbable «African Dub Crossing the Fantôms of an Opera». Le panduri (instrument traditionnel géorgien à trois cordes), le n’goni (son équivalent africain) et un violon chinois apparaissent ici et là pour parachever un magnifique travail sur les cordes. S’enchaînent alors une drôle de Marseillaise en créole, des valses dans des langues inventées. Une toile magique de compositions dans lesquelles les mots, associations d’idées de Denis Péan, font écho aux voix tournoyantes des deux chanteuses Yamina et Nadia. Finement produit par Jean Lamoot, Cinéma El Mundo s’effeuille au fil des écoutes, dévoilant ici une atmosphère, là une phrase choc ou encore un refrain entêtant. En résumé, une drôle de drogue à laquelle on devient facilement dépendant.
LO’JO, CINÉMA EL MUNDO, WORLD VILLAGE / HARMONIA MUNDI





