Le «So» de l’ange
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DISQUE • PETER GABRIEL, «SO»
Cette réédition anniversaire arrive avec quelques mois de retard, puisque le 25e anniveraire de So a eu lieu en 2011. Quoi qu’il en soit, ce classique de la pop des années quatrevingt n’a pas pris une ride. Plus grand succès de Peter Gabriel à ce jour, il fut un pari osé, une oeuvre transversale, ouvertement commerciale et façonnée par un véritable auteur, au sommet de son inspiration. La totale: So est disponible à choix en CD remastérisé, en édition spéciale 3 CD (l’album, plus deux live de la tournée 1987) et enfin une version «deluxe» limitée comprenant un coffret 4 CD (incluant les maquettes de travail), 2 DVD (dont un show filmé, produit par Martin Scorsese), deux maxi vinyle et un volumineux livret de 60 pages. En 1986, au moment de publier So, Gabriel a enfin vu sa carrière solo décoller. On ne lui rappelle plus son ancien statut de chanteur de Genesis, il s’est profilé sur les fronts de la world music en créant les studios et le label Real World (Youssou N’Dour, Nusrat Fateh Ali Khan, Geoffrey Oryema) et s’est frotté avec succès à la musique de film avec Birdy d’Alan Parker. Son art du vidéoclip l’a projeté dans l’âge de la rotation continue à l’échelle planétaire via MTV. Fort d’une armée de mercenaires de premier choix (Manu Katché à la batterie, Tony Levin à la basse, David Rhodes à la guitare, David Sancious aux claviers), d’invitées de marque (Kate Bush et Laurie Anderson pour deux duos) et surtout de compostions en béton (le hit «Sledgehammer », les tapageurs «Red Rain» et «Big Time», l’empathique «Don’t Give Up», chanson inspirée par les ravages du chômage en Grande- Bretagne thatchérienne), l’Anglais frappe un grand coup, dans un univers ultra concurrentiel peuplé de monstres de stade tels Prince, Madonna, U2, Simple Minds, Genesis, Tina Turner, Dire Straits... Toute une époque. Le chanteur délivre ses mélodies accrocheuses et parfois métissées de son timbre rauque reconnaissable entre mille, avec une fière assurance. En misant sur l’efficacité d’une patine haut-degamme sans pour autant verser dans le racolage, Peter Gabriel, jusque là considéré comme un cérébral, accouche en ce printemps 1986 d’une oeuvre aussi solaire qu’intemporelle.
PETER GABRIEL, SO, REAL WORLD / EMI





