Le Conseil d’Etat investira grâce à un doublement de la dette
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PROGRAMME DE LÉGISLATURE • Proposer des années déficitaires et solliciter les entreprises parapubliques: le plan pour cinq ans est dessiné.
En 2017, la dette vaudoise aura passé de 1,4 à 3,1 milliards de francs, parce que les investissements auront grimpé de 300 à 400 millions par an. Tel est le cadre financier de la législature 2012-2017, présenté hier par les sept membres du gouvernement. Ils dévoilaient leur programme de législature et la planification financière qui va avec. Une confirmation de la tendance donnée par le projet de budget 2013 il y a quinze jours.
Attendu au détour
La majorité rose-verte du Conseil d’Etat était attendue sur la maîtrise des finances. Le socialiste Pierre-Yves Maillard, président du Conseil d’Etat, a expliqué que la situation des dernières années était «atypique»: autofinancement total des investissements et réduction de la dette. Le décollage souhaité des investissements (+25%) justifie désormais un endettement. Le déficit budgétaire sera au rendez-vous pour la deuxième moitié de la législature. De 55 millions en 2015, il ira jusqu’à 173 millions en 2017. Il faudra alors que la majorité absolue du parlement – qui penche à droite – adopte les budgets, comme le veut la constitution.
Il n’y a pas que l’Etat pour développer les investissements, souligne Pierre-Yves Maillard. «Il y a aussi les leviers que nous avons à actionner avec les entreprises parapubliques», sans donner de chiffres. S’agira-t-il de donner des «instructions» à la BCV, à la Romande énergie, aux Retraites populaires (en charge de la caisse de pensions de l’Etat) ou encore à l’Etablissement cantonal d’assurance? «Instructions, ce n’est pas le mot. Mais les lettres de missions des représentants de l’Etat dans ces entreprises seront précisées pour influencer les stratégies. La Romande Energie peut investir dans les énergies renouvelables.»
Allocations familiales
Changement de méthode, ensuite: les mesures ne sont pas chiffrées, contrairement au précédent. Cette fois, le Conseil d’Etat se simplifie la tâche, en fixant une enveloppe d’investissements (de 70 millions en 2014 à 210 millions en 2017). Le calendrier est ainsi bien moins précis que le précédent. Formulé en termes assez généraux, voire vagues, le programme rassemble les lignes directrices de tous les domaines, souvent déjà formulées ces denières années et depuis les élections: plus de crèches, plus de logements, plus de soutien aux familles, plus de sécurité, plus de prisons, etc.
Plusieurs mesures précises ont été pourtant annoncées. Les deux plus importantes sont liées dans un compromis avec le patronat, se félicite Pierre-Yves Maillard. L’augmentation des allocations familiales payée par les patrons est conçue comme la contrepartie d’une baisse de la fiscalité des entreprises. D’un côté, les familles toucheront une centaine de millions de plus dès 2017 (+25%). Les premiers effets se feront sentir dès l’an prochain (+ 50 francs pour les jeunes en formation). De l’autre, les entreprises économiseront une soixantaine de millions: dès le 1er janvier 2014, un demi-point d’impôt en moins sur le bénéfice. Un second demi-point deux ans plus tard.
Autres annonces précises: la construction d’un bâtiment à la Bourdonnette (non devisé) pour le Centre coordonné de compétences cliniques et d’un hôpital de l’enfant (devisé à 170 millions) près du CHUV.
Précisons que le programme de législature donne seulement lieu à un débat au Grand conseil. Il en prend acte, sans avoir à l’approuver, l’amender ou le refuser. I





