Jeudi, 23 mai 2013

«La chancelière n’assume pas»

MARDI 09 OCTOBRE 2012

RÉFÉRENDUMS CONTRE RUBIK • Genève a contribué à faire capoter les textes contre les accords fiscaux. La communication de la Chancellerie irrite.
 

«C’est du bouillon pour les morts!» Les regrets de la Chancellerie genevoise qui, par son erreur, a fortement contribué à faire échouer les référendums contre les accords fiscaux, ne calment pas la colère d’Eric Bertinat. Le coordinateur romand de l’ASIN (Association pour une Suisse indépendante et neutre) et politicien UDC genevois est écœuré: «On vole les plus de 50 000 personnes qui ont signé!»

Genève pas seul en cause
Vendredi, après avoir mis la faute sur La Poste, la Chancellerie genevoise a reconnu que le Service des votations n’avait pas apposé l’étiquette pour envoi prioritaire sur un paquet de 1453 signatures, qui sont dès lors arrivées un jour après le délai du 27 septembre à la Chancellerie fédérale. En plus du canton de Genève, 160 communes dans toute la Suisse ont, par leur manquement, contribué à faire échouer les trois référendums contres les accords avec l’Allemagne (dit Rubik), la Grande-Bretagne et l’Autriche. Trois mille cent signatures validées, qui auraient fait la différence, ont été remises hors délai. «Genève n’est pas seul en cause, mais a une grosse, grosse responsabilité», pointe M. Bertinat.
Certes, nuance-t-il, l’omission a été reconnue et la Chancellerie promet de prendre les mesures pour qu’un tel incident ne se reproduise plus. Certes, le service des votations a fait un «travail remarquable» pour valider en un temps record des signatures arrivées tardivement. Mais le communiqué de la Chancellerie diffusé vendredi n’était pas signé et précisait qu’aucun commentaire ne serait ajouté tant que Berne n’aura pas rendu sa décision définitive sur les référendums – ce qui nous a été répété hier. Eric Bertinat juge «pitoyable» que la chancelière Anja Wyden Guelpa n’ait pas le «courage» d’assumer une telle bourde de ses services. «Au mieux, l’UDC pourrait décider de déposer une interpellation urgente au Grand Conseil, mais personne ne se fera taper sur les doigts, car à Genève, il en faut beaucoup pour que les choses bougent.»

Cumul de bourdes
«On peut se demander si ce n’était pas volontaire pour faire capoter les référendums», réagit même Adrien Faure, président des Jeunesses socialistes genevoises, dont le groupement au niveau suisse a également récolté des signatures.
«L’erreur est humaine. Et faute avouée est à moitié pardonnée», tempère son aînée Lydia Schneider Hausser, députée PS au Grand Conseil. «La faute est grave, mais le Service des votations fonctionne en général très bien.»
Pas si vite, reprend Eric Bertinat. Car la Chancellerie «accumule» les impairs. Lors de l’élection partielle au Conseil d’Etat de juin, le bulletin devait être glissé dans une enveloppe exceptionnellement jaune qui, si on la plaçait sous une lampe, devenait translucide. Mais la Chancellerie n’y voyait pas de problème de confidentialité ni la nécessité de modifications à l’avenir. Sur un autre registre, protocolaire, la Chancellerie s’était distinguée en oubliant de prévoir la présence d’un conseiller d’Etat aux obsèques de l’évêque Bernard Genoud. Désormais, le protocole a été modifié. Le Conseil d’Etat n’est plus tenu d’assister aux funérailles de l’évêque du diocèse.
Le directeur de l’ASIN Werner Gartenmann calme le jeu. «L’erreur de Genève peut malheureusement arriver à tout le monde. Ce qu’il faut, c’est donner davantage de marge de manœuvre à l’administration fédérale.» L’ASIN veut donc porter la question de la «clarification» de la loi sur les droits politiques aux Chambres. Elle devrait décider aussi fin octobre de recourir au Tribunal fédéral pour sauver les référendums contre Rubik, une fois le décompte des signatures publié dans la Feuille fédérale. Des recours directement contre les communes fautives sont aussi à l’étude. I

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Trois référendums à faire signer contre Rubik, en plein été. La tâche était difficile pour l’Association pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN) et les Jeunesses socialistes. Les référendaires ont même songé à jeter l’éponge. Au final, les trois fois 50 000 paraphes contre les accords fiscaux avec l’Allemagne, l’Autriche et la Grande-Bretagne ont été récoltés. Le peuple ...
 
Le Courrier
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