Une posture courageuse
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Gisèle Ory ne se représentera pas au Conseil d’Etat neuchâtelois en avril 2013. Si elle affirme que sa décision a été prise il y a un certain temps déjà, elle a délibérément choisi de la rendre publique après la votation sur le RER-Transrun et avant l’élection plus que probable de son collègue de parti Laurent Kurth, dont elle a soutenu la candidature, le 14 octobre au Conseil d’Etat. Evacuant ainsi les inévitables critiques sur la presque certaine présence au gouvernement de deux
socialistes du Haut.
Certains affirmeront qu’elle jette l’éponge, acculée par les accusations dont elle est continuellement la cible, tout particulièrement dans le difficile dossier d’Hôpital neuchâtelois. Certes, sa réélection n’était pas forcément assurée. Mais résumer son «abandon» à la simple peur d’un échec électoral est sûrement méconnaître la personnalité de Gisèle Ory, qui, n’en déplaise à ses nombreux détracteurs, a fait preuve de courage politique. Rappelons qu’elle a hérité d’un dossier hospitalier laissé à l’abandon par son prédécesseur et l’a sorti du bourbier dans lequel il était enlisé.
Comme Gisèle Ory l’a dit elle-même, elle s’est engagée dans son mandat avec la ferme volonté de ne pas céder aux lobbies – et Dieu sait s’ils sont puissants dans le domaine de la santé. Elle aurait ainsi rapidement évacué l’idée d’une deuxième législature afin de conserver une plus grande marge de manœuvre et d’action. En choisissant de suivre contre vents et marées la ligne qu’elle s’était fixée – celle de l’intérêt du canton, avec un souci particulier pour l’équilibre régional –, elle s’est exposée aux foudres des multiples intérêts particuliers et sectoriels. Au vu des enjeux, ses détracteurs n’ont pas hésité à user de tous les moyens pour la déstabiliser. La plupart des médias ont pris part au «festin», avec parfois un manque de recul, allant pour certains jusqu’à souhaiter sa non-réélection en 2013.
Reste que le PS se retrouve «orphelin» après le départ de Jean Studer et celui planifié de Gisèle Ory. Et il n’est pas dans une posture idéale pour récupérer, avec ses alliés traditionnels, la majorité de gauche au Conseil d’Etat. S’il est élu le 14 octobre, Laurent Kurth aura la lourde tâche de faire ses preuves en six mois seulement. Le processus en vue des élections n’en étant qu’à ses débuts, il est difficile à ce stade de savoir quelle sera la stratégie adoptée par les partis de gauche.
Mais en face, le PLR n’est pas en meilleure position, avec de profondes bisbilles internes, une réélection qui s’annonce compliquée pour Claude Nicati et la concurrence, sur sa droite, de l’UDC, avec la probable candidature d’Yvan Perrin.





