Jeudi, 23 mai 2013

10 millions de plus que prévu pour le tunnel de Vésenaz

MERCREDI 03 OCTOBRE 2012

GENÈVE • Un dépassement de 20% est annoncé sur le chantier de la tranchée couverte de Vésenaz. Le Grand Conseil se prononcera.

La nouvelle avait été annoncée par le Conseil d’Etat le 19 septembre dernier; le projet de loi a enfin été dévoilé. Le Grand Conseil est saisi d’une demande de crédit complémentaire d’investissement pour la tranchée couverte de Vésenaz.
En clair: les coût pour ce tunnel en cours de construction dépasseront largement la somme votée et approuvée par le peuple en 2009. La facture prévue était alors de 57 millions de francs. Il faudra en mettre 10,7 millions de plus, estiment aujourd’hui les ingénieurs de l’Etat de Genève. Soit un dépassement de près de 20%, dont les deux tiers seront à la charge du canton (7,7 millions) alors que le solde (3 millions) devra être assumé par la commune de Collonge-Bellerive.
Comment expliquer cette progression? L’explication est tout d’abord politique. A savoir que le projet de loi de 2009 provenait non pas de l’Etat, comme il est généralement de règle pour les crédits d’investissement, mais d’un groupe de députés désireux de faire un geste en faveur de la voiture.
Ils se sont donc basés sur des estimations antérieures datant de 2005 et n’ont pas adapté leur demande de crédit aux inévitables renchérissements.

Deuxième raison, technique, celle-là: le projet a fait l’objet de quelques adaptations en cours de route. Notamment en raison de changements de normes (la sécurité dans les tunnels est de plus en plus surveillée). Enfin, le déroulement du chantier a subi des modifications. L’ancrage du pont provisoire sur le carrefour de Vésenaz ne sera pas exactement mené comme prévu et la volonté de sécuriser le chantier a également pesé.
Enfin, relevons une part liée aux mesures d’accompagnement du trafic (visant à un report de la circulation sur les transports en commun). Evaluée à 1 million de francs, cette dernière dépense avait déjà obtenu un feu vert en commission des travaux, mais elle fait formellement partie du paquet.
Politiquement, ce dépassement fait jaser. «Les mêmes qui ont hurlé au gaspillage pour le crédit de cinquante rues piétonnes qui ne représentait que 5 millions de francs vont sans sourciller voter le double de cette somme pour ce dépassement de crédit», déplore le président de l’ATE Thomas Wenger.
Mais le vin étant tiré, il faudra bien le boire ou, en tous les cas, payer pour celui qui a été renversé. Personne à gauche n’imagine une contestation de ce dépassement de crédit. Ni chez les Verts, ni à l’ATE, ni à Actif-Trafic.

 
Le Courrier
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