Au pied du mur
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Référendum ou pas? La riposte aux durcissements de l’asile en cours aux Chambres divise les milieux de défense des migrants. La décision de lancer un référendum pourrait bien être prise ce soir
par une partie des forces militantes. Une voie périlleuse.
Aujourd’hui, plus personne ne croit à un succès populaire. Au contraire, les craintes portent sur l’ampleur d’une claque qui pourrait être bien plus sèche que lors des votes de 2006 sur les lex Blocher. Ce combat perdu contre les précédents tours de vis sur l’asile et les étrangers avait démoralisé et démobilisé la base militante, qui peine encore à se relever.
Alors que les forces actuelles sont moindres qu’à l’époque et que le contexte politique est encore moins favorable, retourner au casse-pipe semble suicidaire. C’est aussi le risque d’offrir un strapontin en or aux forces populistes.
Pour les opposants à un référendum, avant d’engager la bataille dans les urnes, il faut s’assurer que les troupes sont présentes. Et c’est sur le terrain que celles-ci se fédéreront, comme dimanche passé lorsqu’un collectif a réclamé la fermeture du Centre de détention de Frambois en occupant ses accès et en lançant un manifeste signé par de nombreuses personnalités.
Mais ceux qui veulent en découdre dans les urnes n’en démordent pas: les durcissements sont tellement graves que le référendum doit être lancé par principe, sous peine de se montrer complices. Certes, la ministre chargée de l’asile est socialiste et il faudra compter sans le parti gouvernemental. Mais le référendum serait aussi une façon de rappeler les roses à leurs responsabilités et à leurs fondamentaux. Et qui sait, une belle campagne, même perdue durement, pourrait remettre les principes d’accueil et de dignité humaine au cœur des débats.
Référendum ou pas référendum: le pire serait de laisser aller le cours actuel des choses sans agir. Ou de jouer le jeu populiste en se
déchirant durablement sur une question de stratégie…





