La maison qui tue
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ROMAN • «LE PARTI DES COINCIDENCES» DE M. BOUDJEDRA
Construire une maison. La concevoir comme maîtresse du destin de ceux qui vont l’habiter. Quitte à ce que la mort soit au bout de leur chemin. Dans Le Parti des coïncidences, troisième roman de Mohamed Boudjedra, un architecte abonné aux ouvres d’entraide lutte pour décrocher un mandat, face à un chasseur de têtes tiraillé entre l’envie de le congédier et le désir d’en savoir plus, animé par l’intuition diffuse que le narrateur est «l’architecte des coïncidences».
Sobre à l’instar des constructions actuelles, parfois incolore comme elles, le style porte cependant le lecteur et lui donne envie d’en savoir plus. La construction du roman imite celle d’un bâtiment, avec des étages et même un balcon. Elle anime un manège amoureux entre un dramaturge, l’architecte et celle qui deviendra sa femme.
Une femme qui va mourir dans sa maison, construite par son architecte de mari. Simple coïncidence ou volonté vengeresse du créateur? Instillant un soupçon de fantastique, l’auteur, lui-même architecte, insiste sur l’idée, a priori pleine de bon sens, que les bâtiments conditionnent ceux qui les hantent. Et laisse ainsi entrevoir la terrible possibilité d’une maison qui tue.
MOHAMED BOUDJEDRA, LE PARTI DES COINCIDENCES, ED. ALMA, 2012, 236 PP.






