Sinner DC, des architectes du son qui matérialisent leurs rêves
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POP • Les Genevois dévoilent ce soir leur nouvel album au Motel Campo, dans le cadre du festival pluridisciplinaire Mos Espa.
Sous un soleil de plomb, une jeune fille livrée à elle-même marche pieds nus au milieu d’un paysage désertique semblable à la Vallée de Feu du Nevada. Un fond sonore, préambule du single «Endless Valley» paru en juin dernier, évoque la scène de duel entre Henry Fonda et Charles Bronson d’Il était une fois dans l’Ouest, attisant le suspense. Un «teaser» qui donne le ton de Future That Never Happened, publié par l’incontournable label suisse des musiques électroniques, Mental Groove.
Le regard dissimulé dernière ses lunettes de soleil vintage assorties à son look années 1980, sans la moindre ostentation, juste figé hors du temps, Manuel Bravo, guitariste et chanteur de Sinner DC, approfondit la réflexion avant le concert de ce soir au Motel Campo (lire ci-dessous). «Durant la conception des morceaux, le scénario d’une adolescente en fugue dans un canyon s’est profilé. Progressant dans sa quête, elle atteint l’océan, comme dans un parcours initiatique. Nous voulions même en faire un court-métrage.»
Un trio consolidé
Trois ans se sont écoulés depuis Crystallized (AI Records, 2009), qui avait retenu l’attention de la scène internationale. Future That Never Happened est le quatrième album studio de Sinner DC depuis que Steve Mamie a rejoint le talentueux duo formé par Julien Amey et Manuel Bravo. «Nous existons réellement depuis Steve, dont l’arrivée nous a consolidés», commente le guitariste. Olivier Ducret, le porte-drapeau de Mental Groove, les a sollicités au moment où l’Anglais AI («artificial intelligence») décidait d’abandonner l’édition discographique pour se cantonner au design.
Sinner DC a d’abord livré un titre de plus de quarante minutes, intitulé Performance, un enregistrement live au départ uniquement diffusé au Japon en édition limitée. La collaboration est lancée. «Nous sommes très chanceux de travailler avec Mental Groove. Le label prend soin de nous, prodigue de bons conseils et nous offre de belles possibilités, comme celle de confier la pochette de Future That Never Happened au designer et artiste Jason Smith.»
Voyage introspectif
Equilibré entre écoute attentive et titres plus rythmés, l’album se prête au voyage, «trip» chamanique débutant dans un canyon désert. «Endless Valley» se rapproche de la terre par sa sonorité poussiéreuse. Une vallée rouge et aride, au sol recouvert de sable soulevé par le vent. Des arbustes pétrifiés par la chaleur, s’étalant à perte de vue, se dressent dans l’imaginaire. Comme une conscience errante, une voix lointaine susurre des mots. L’initiation commence. Plus le récit musical avance, envoûtant, plus la gravité semble s’effacer au profit d’une apesanteur («Hey Girl», «Dreamliner»). La cadence accélère avec «Day/Night». A la frontière de l’électro expérimental mais toujours audible, instrumental, mélodieux et progressif, parfois psychédélique, le parcours se poursuit jusqu’à «The Horizon». Un titre qui marque l’apaisement et confirme les racines «noisy-pop» du groupe.
Outre les tournées, DJ sets et remixes effectués pour d’autres, Sinner DC compte prolonger l’expérience de Future That Never Happened jusqu’au printemps prochain. Un nouveau clip est prévu, tandis que l’avant-dernier morceau de l’album, «Where She Goes», sera soumis au remixage des artistes Marco Repetto, Velveljin, Freund der Familie, Lungwah et Colony. Ce soir, Sinner DC exhibe ses talents sur la scène du Motel Campo.
Sinner DC, Future That Never Happened, Mental Groove/Namskeio.
«DECOLLAGE IMMEDIAT POUR LA PLUS PETITE PLANETE DU SYSTEME»
C’est par cette formule que Frédéric Post, gourou du festival avec Fabien Clerc, présente l’événement. Dès ce soir et jusqu’à dimanche, le Motel Campo transmute en Mos Espa, invitant à l’immersion au cœur d’une expérience musicale et visuelle. Mêlant écoute, clubbing, performances et installations, avec comme fil rouge les dessins de l’artiste Andreas Dobler, Mos Espa favorise la découverte d’artistes souvent polyvalents à travers un aspect inconnu du grand public. Ainsi du concert pour flûtes, masque et électronique de Pharoah Chromium, un étrange projet expérimental berlinois qui précédera ce soir le concert de Sinner DC. Ou la techno progressive du Portugais Re:Axis, celle, frétillante et rétro, d’Etienne Jaumet (vendredi) ou encore le bruitisme du trio franco-berlinois Bader Motor.
Cette cinquième édition baptisée Immersion – Transmutation – Illumination fait le pari de la progression entre concerts prospectifs dans un espace tamisé et soirée dansante et illuminée. TGT
Festival Mos Espa, je-ve-sa au Motel Campo, 13 rte des Jeunes, di à la Maison Baron, 45 ch. Subilia. Rens: www.motelcampo.ch





